E x t i m e (journal)

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dimanche 22 janvier 2017

Anagramme



NTERVIEW - La langue française regorge de mille et un trésors littéraires. L'auteur Jacques Perry-Salkow et le philosophe Raphaël Enthoven en ont exhumé quelques-uns dans un ouvrage sur les anagrammes, 
Anagrammes pour lire dans les pensées. Un recueil renversant qui repousse les limites de l'oeil et l'esprit.


C'est un éloge de la spontanéité ou mieux encore une célébration de l'ordinaire. L'anagramme n'est pas seulement un jeu, une macédoine de lettres ou des mots-croisés dans le journal. Elle est une aventure, un millier d'histoires, une dioptrique capable de redonner vie aux objets inanimés que le quotidien a tués.

Muraille, chose, silence... les lettres se construisent et se déconstruisent au fil de notre regard. En un instant, leur sort devient une affaire classée. Le sapin rejoint la case «arbre» et la rose son «herbier». La généralité aura fait fi de leur particularité.

Pourtant, derrière chaque objet se cache un événement et une infinité de chemins possibles. Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow ont tenté de fixer ce vertige et de plonger avec leur livre, Anagrammes pour lire dans les pensées, «à travers les mots, entre les mots, que l'on voit et que l'on entend». Une volonté légitime qui entend, selon le philosophe et animateur de radio, «redonner de la saveur» aux choses insipides et banales de l'existence.

LE FIGARO - Pourquoi un livre sur les anagrammes?

Raphaël Enthoven - C'est un heureux concours de circonstances. Jacques-Perry-Salkow avait déjà écrit des livres sur les anagrammes. Il voulait cette fois-ci en réaliser sur la philosophie. Il m'a donc envoyé un mail en m'exliquant que si j'acceptais de travailler avec lui «la matière» deviendrait «ma réalité». Nous sommes alors convenus d'un rendez-vous, pris un café pour parler de ces anagrammes et j'ai tout de suite été enchanté.

Que représentent-elles pour vous?

Les anagrammes sont un mélange de cabalisme et de miracle sans providence. On voit des lettres et soudain on découvre tout autre chose... D'un énoncé à son anagramme, il y a une infinité de chemins possibles. Le hasard de l'ordonnancement des lettres, crée une pensée. C'est vraiment une sorte de miracle.

Comment s'est passée votre collaboration avec Jacques Perry-Salkow et Chen Jian Hong ?

Jacques Perry-Salkow se chargeait des anagrammes. Je lui envoyais des propositions et inversement. Si je voyais une route s'éclairer, je l'empruntais et écrivais un texte. Il fallait que le chemin se fasse à moi. En ce qui concerne Jacques Perry, il est incroyable. Il est capable de fabriquer une anagramme en déplaçant seulement une ou deux lettres. Regardez «Paris est une fête» devenu «Et Paris est en feu». C'est prodigieux.

Ce livre est le fruit d'un an de propositions, de dessins - dont l'expressionnisme est fondamental - et de perles. Les textes sont de véritables appels au dessin. Aucun d'eux ne peut et ne doit se réduire à une signification.

Ce livre, à la façon d'un Ponge, semble redonner vie aux mots...

C'est une célébration de l'ordinaire, du miracle possible des choses banales. Aucun objet n'est inutile. En réalité, ce livre fonctionne comme «un exhausteur de goût». Ce ne sont pas juste des jeux - même si l'on s'est beaucoup amusé en réalisant ce recueil - et il n'est aucunement question d'ambitions mystiques. Nous avions envie, avec ce livre, de produire un effet de distorsion, de dire quelque chose de la chose elle-même, de redonner la saveur de quelque chose qui dure et qui tient en bouche.

Si vous deviez choisir une anagramme dans le livre, quelle serait-elle?

«L'espérance» qui devient «la présence». A contrario de l'espoir qui est un rapport à l'avenir, l'espérance est un élan. Il se suffit à lui-même. Je trouve ça intéressant de les voir reliés. Cela permet de penser l'espérance pour ce qu'elle est: un amour actif dans le monde.

En un mot, comment définiriez-vous votre livre?

C'est un kaléidoscope.


lundi 28 novembre 2016

Travail dans l'inachevé

par François Chaslin

" Deux visions s'affrontent l'une selon laquelle la ville moderne serait nécessairement centrifuge, appelée à 
se disperser dans les territoires sans borne de la mégalopole et qu'il y a là un phénomène à la fois fascinant et irrépressible. 
L'autre selon laquelle il importerait au contraire de rassembler, de reconquérir et densifier les territoires qui ont été déjà gaspillés, et de cesser de bâtir la ville hors de la ville.

Celle qui voudrait que la ville soit une succession d'entités, une collection d'oeuvres achevées,  d'atmosphères, de typologies à protéger parce que chacune témoignerait d'un âge particulier de la civilisation urbaine et reléverait d'une cohérence particulière. 
Et celle qui considère la ville comme un 
perpetuel inachèvement, le fruit de mécanismes de substitution, un continuum historique à certains égards vertigineux dont il faudrait faire I'archéologie et dont il conviendrait avant d'agir, de comprendre 
à chaque fois la généalogie. 

En arrière-plan, deux imaginaires. 
Celui de la forme pure, finie, idéale. 
Et celui de I'impureté, de l'informe
Deux topologies, celle de I'espacement de la dilatation et de la discontinuité. Et celle du contact,du collage, de l'imbrication voire de la confusion des espaces sédimentés
Deux visions de la démocratie et de la solidarité humaine. Enfin deux attitudes face à la création architecturale. Celle du geste singulier. Et celle du dialogue et de la négociation, du travail infiltré au sein des règlements et des contraintes, de la composition plurielle, voire de la banalité.
Cette seconde approche est celle qu'a  théorisé et tenté de pratiquer Antoine Grumbach depuis plus de vingt ans déjà qu'il parle de la mémoire et de la nécessité de "faire la ville sur la ville"
Cette démarche à caractère général et philosophique, plus vitaliste que conservatrice bien qu'elle ait mûri dans la période postmoderne, fut longtemps considerée comme historiciste.
Elle se confronte aujourd'hui aux nouveaux espaces des périphéries, à diverses échelles, II y a bien évidemment quelque chose d'intime et de personnel dans la démarche d'Antoine Grumbach, quelque chose qui est enfoui dans le tréfonds de son inconscient, et dont témoignent cette manière qu'il a de nouer les doigts, de mêler les mots jusqu'à I'essoufflement, d'aimer les toiles nattées de François Rouan, de plier et tresser physiquement ses architectures et surtout de vouloir faire de la ville un entrelacs d'espaces et de temporalités. D'une insondable complexité, d'une angoisse de l'inachèvement perpétuel, d'une obsession, il a su faire une doctrine qui a valeur générale . En cela, il est exemplaire, intellectuel sur la scène architecturale. Praticien autrefois hanté par l'archéologie et par les ruines (jusqu'à en construire de neuves), amoureux de villes travaillé par l'idée de dérive "psychogéographique", enseignant qui tenta de saisir, parfois de cartographier l'épaisseur spatiale et historique des sédimentations urbaines, il emploie les outils conceptuels de sa génération, principalement l'analyse structurale et la psychanalyse, disciplines troublantes qui, assez discrètement, guident sa quête de la mémoire humaine, de la trace. de la blessure peut-être, de l'impur et de l'hétérogène, du lien et de l'entre-deux. 
II y a là aussi quelque chose d'une métaphysique juive de l'espace, parcourue depuis l'origine des temps par l'idée du nomadisme, du passage, de la transformation, de l'inachèvement et de l'attente, et la peur de la dispersion. Avec au fond cette conscience de la particulière dureré des temps, quand la violence des transformations urbaines traumatise la ville et le legs des civilisations. Ce qui n'est pas neuf mais à un rythme plus grand que dans d'autres époques. a des échelles surtout beaucoup plus vastes. "


François Rouan 

" Superpositions, nouages des unes et des autres, images fixes et images en mouvement cherchent toujours le même tressement indénouable de la figure et du fond. " 
François Rouan

lundi 21 novembre 2016

Construction fragmentaire, compilatoire et évolutive

" C'est le livre qui construit l'auteur"

" Progressivement la mise en page se simplifie (...) mais il reste toujours une compilation de textes   et de fragments différents, c'est toute cette notion de l'oeuvre ouverte, de la forme ouverte qui était défendue dans l'architecture ..."


" s'occupe de compiler ces textes, demande des fragments de différents auteurs, (...)

ils retravaillent leurs propres documents, ils font des ajouts, (...)
l'auteur change, le document se transforme, exactement où le contexte change... "


Marilena Kourniati 
à propos de team X (ten) lors d'une "conversation" à la cité de l'architecture, 20 mars 2014 : voir vidéo ici

mardi 26 juillet 2016

Jugaad

" Jugaad " est un mot hindi populaire qui peut être traduit à peu près par « l’art de concevoir des solutions ingénieuses ». Largement pratiqué dans les pays émergents, c’est le Système D.


"L'innovation frugale est une démarche consistant à répondre à un besoin de la manière la plus simple et efficace possible en utilisant un minimum de moyens. Elle est souvent résumée par le fait de fournir des solutions de qualité à bas coût ou d'innover mieux avec moins" (source Wikipédia) 

Dans un monde où les ressources financières et énergétiques se restreignent, les entrepreneurs jugaad perçoivent les fortes contraintes comme autant d’incitations à innover

"Si nous avions des millions en banque, notre cerveau arrêterait de survivre" 
citation d'un chirurgien cardiaque en Inde. Il pratique une opération cardiaque pour un coup de 1200 dollars, contre 70 000 pour la même opération pratiquée aux Etats Unis. Il "fabrique" des instruments de chirurgie, voire des implants chirurgicaux, lui-même, en détournant des matériaux ou des ustensiles, au lieu d'en acheter des "tout faits" au prix fort. D'où un coût modique pour un résultat similaire.

référence occidentale : Mac Gyver ! ; )

jeudi 25 février 2016

Eglisse








Manuel del Busto, architecte - 1912
Okuda San Miguel, street artist - 2000
pour un collectif de skaters "The Church Brigade"





vendredi 1 janvier 2016

Souvenir du 19 décembre 2015

Ce soir, la carapace s'est fissurée
l'eau s'est exfiltrée,
salée.



Ce soir,
larmes.
Inattendues.

pas même ravalées,
même salées.

A nu.

Désarmée.

Submergée

par les mots

Ce soir elles ont coulé
Tiré la sonnette
d'alarme

Eteinte la cendre
lavée.
Larmée,
la tôle


Submergée
par l'émotion


Et je flotte
inerte et vivante

Ce soir, la carapace s'est fissurée
l'eau s'est exfiltrée,
salée.

L.
















Photographies de Maurice Mikkers 

" Nous avons chacun des larmes bien à nous, dont la composition moléculaire diffère d'un individu à l'autre. C'est cette face cachée du liquide lacrymal que le photographe néerlandais Maurice Mikkers a voulu mettre à l'honneur dans une remarquable série de photos prises au microscope, larmes d'une vingtaine de ses amis, toute aussi différentes les unes que les autres. Fascinant."
(source : Sciences et avenir, 3 juillet 2015)

samedi 17 octobre 2015

Les Eoliens, Jardiniers du vent




























"Bird landscape" Les Eoliens
Festival d'art de l'Estran, Trégastel, 26-27 septembre 2015

Bambou (phyllostachys sp) osier (salix viminalis) fil de fer et plumes d'anges (angelus maliciosus).

et pour les voir en mou-v(em)ent
Les Eoliens, jardiniers du vent

mercredi 16 septembre 2015

Pas d'ombre sans lumière



Diet Wiegman









tas de rien, de tout, 
 récupération, assemblage
mise en lumière
révélation
ombre
montre moi ton ombre je ne saurai pas qui tu es
illusion 
la part d'ombre

L.



lundi 15 juin 2015

Tom, où es-tu ?

Photographie de L. 14 juin 2015, au détour d'un chemin

Photographie de L. 14 juin 2015, au détour d'un chemin

Jolie découverte à 500m de chez moi, en surplomb d'un petit ruisseau...

cabane-reference

dimanche 4 janvier 2015

Sa-pin mari-time past-time

4 years ago...



Photographie  de L. 
Hiver 2011
Oeuvre d'(un) inconnu(s) rencontrée sur une plage costarmoricaine.

dimanche 7 septembre 2014

Cabane - Référence


Tom et Huckleberry





Il connait les merveilles 
Qui sont dans la forêt 
Les chemins, les rivières et les sentiers 

Il a dans ses poches des objets fabuleux 
Qu'il emporté avec lui 
Trois bouts de ficelles 
Quelques pierres et du bois 
Il les partage avec tous ses amis 

jeudi 31 juillet 2014

Tiers Paysage (3)







Photographe : Alexander Gronsky
" Né en 1980 à Tallinn en Estonie, Alexander Gronsky a débusqué les aspects les plus champêtres de la banlieue de Moscou. Un territoire déglingué à la Mad Marx, habité avec une liberté déconcertante par une population qui a trouvé son jardin d’Éden au pied de sa barre HLM. 
Après la chute du mur de Berlin, une petite révolution iconographique est passée inaperçue : photographier un territoire jusqu’alors frappé du sceau du secret militaire était devenu possible. Les personnes – héros, hommes politiques ou gens du peuple –, sujet principal d’une photographie de propagande essentiellement tournée vers la presse, s’éloignaient du cadre au profit d’un paysage postsoviétique, fort de 22 millions de kilomètres carrés d’un univers dystopique."
Rédigé par Olivier NAMIAS 
Publié le 04/04/2014 dans D'A


Photographies tirées du site :