Vos luttes partent en fumée Vers des flûtes enchantées Et de cruelles espérances Me lancent Des dagues et des lances En toute innocence J'cloue des clous sur des nuages Un marteau au fond du garage J'cloue des clous sur des nuages Sans échafaudage Vos luttes partent en fumée Sous les yeux embués D'étranges libellules Pour une grimace et un rictus De plus J'fais des heures sup' Je m'en donne de la peine Je cogite je m'agite Je rejoue la scène J'cloue des clous sur des nuages Un marteau au fond du garage J'cloue des clous sur des nuages Sans échafaudage Et mon corps de se vouer A des lunes surdouées Aux courbes souveraines Pleines pleines Vos luttes partent en fumée Sous des soleils qui s'ignorent Dor- dormez Mes réponses allongées Mes que dire Mes que faire Mais comment ça tient en l'air Ces deux hémisphères Par quel mystère J'cloue des clous sur des nuages Un marteau au fond du garage J'cloue des clous sur des nuages Sans échafaudage Vos luttes partent en fumée ...
Je te clé d’or, je t’extraordinaire, tu me paroxysme
Tu me paroxysme, et me paradoxe
Je te clavecin, tu me silencieusement, tu me miroir, et je te montre
Tu me mirage, tu m’oasis, tu m'oiseau, tu m’insecte, tu me cataracte
Je te lune, tu me nuage, tu me marée haute, je te transparente
Tu me pénombre, tu me translucides, tu me château vide et me labyrinthe
Tu me parabole, tu me debout, et couché, tu m’oblique
Je t’équinoxe, je te poète, tu me danse, je te particulier
Tu me perpendiculaire et sous-pente
Tu me visible, tu me silhouette
Tu m’infiniment, tu m’indivisible, tu m’ironie
Je te fragile, je t’ardente, je te phonétiquement, tu me hiéroglyphe
Tu m’espace, tu me cascade, je te cascade à mon tour, mais toi tu me fluide
Tu m’étoile filante, tu me volcanique, nous nous pulvérisable
Nous nous scandaleusement, jour et nuit, nous nous aujourd’hui même, tu me tangente
Je te concentrique
Tu me vertige, tu m’extase, tu me passionnément, tu m’absolu, je t’absente, tu m’absurde
Je te narine, je te chevelure, je te hanche, tu me hantes
Je te poitrine, je buste ta poitrine, puis te visage, je te corsage
Tu m’odeur, tu me vertige, tu glisses, je te cuisse, je te caresse
Je te frissonne, tu m’enjambes, tu m’insupportable, je t’amazone
Je te gorge, je te ventre, je te jupe, je te jarretelle, oh je te bas
Je te Bach, oui je te Bach, pour clavecin sein et flûte
Je te tremblante, tu me séduis, tu m’absorbes, je te dispute
Je te risque, je te grimpe, tu me frôles
Je te nage, mais toi tu me tourbillonnes
Tu m’effleures, tu me cernes, tu me chair, cuir, peau, et morsure
Tu me slip noir, tu me ballerine rouge
Et quand tu ne hauts-talons pas mes sens, tu les crocodile, tu les phoque, tu les fascines
Tu me couvres, je te découvre, je t’invente et parfois tu te livres
Tu me lèvres humides, je te délivre, je te délire, tu me délires et passionnes
Je t’épaule, je te vertèbre, je te cheville, je te cils et pupilles
Et si je n’omoplate pas avant mes poumons, même à distance, tu m’aisselles
Je te respire,
Je te bouche, je te palais, je te dents, je te griffe
Je te vulve, je te paupières, je te haleine, je t’aine
Je te sang, je te cou, je te mollets, je te certitude
Je te joues, et te veines
Je te mains, je te sueur, je te langue, je te nuque
Je te navigue, je t’ombre, je te corps et te fantôme
Je te rétine dans mon souffle, tu t’iris
Je t’écris, tu me penses
(poème de Ghérasim Luca)
Illustrations de la vidéo : La série "ORGASM" de l'artiste argentin Diego Beyrò, qui capture les moments d'extase de l'orgasme dessinés sur les visages, en utilisant des draps de lit comme support pour ses illustrations.
"Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours Ô mon amour Jamais tu ne m'as promis de m'adorer Toute la vie Jamais nous n'avons échangé de tels serments me connaissant, Te connaissant Jamais nous n'aurions cru être à jamais pris par l'amour nous qui étions Si inconstants
Pourtant, Pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit Petit à p'tit Des sentiments se sont glissés entre nos corps qui se plaisaient À se mêler Et puis des mots d'amour sont venus sur nos lèvres nues Petit à p'tit Des tas de mots d'amour se sont mêlés tout doucement à nos baisers Combien de mots d'amour ?
Jamais je n'aurais cru que tu me plairais toujours Ô mon amour Jamais nous n'aurions pensé pouvoir vivre ensemble Sans nous lasser Nous réveiller tous les matins aussi surpris de nous trouver si bien
Dans le même lit De ne désirer rien de plus que ce si quotidien plaisir d'être ensemble Aussi bien
Pourtant, Pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit Petit à p'tit Nos sentiments nous ont liés bien malgré nous sans y penser À tout jamais Des sentiments plus forts et plus violents que tous les mots d'amour connus Et inconnus Des sentiments si fous et si violents, des sentiments auxquels avant nous n'aurions Jamais cru
Jamais, ne me dis jamais que tu m'aimeras toujours Ô mon amour Jamais ne me promets de m'adorer Toute la vie N'échangeons surtout pas de tels serments me connaissant, Te connaissant Gardons le sentiment que notre amour au jour le jour, Que notre amour est un amour Sans lendemain" Anna Karina dans Pierrot le fou : "Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours"
"Je me suis demandé pourquoi j'ai jamais écris "je t'aime" dans mes chansons. Parce que ça sonne comme un mensonge par essence (...) parce qu'il y a toujours, implicitement, une connotation de temps : je t'aime, c'est je t'aime pour toujours. Donc, il y a du contrat dans ces mots-là. Sache que je... " Interview de J-J Goldman, à la sortie de En passant, à propos de Sache que je ...
(...) I could be someone else, I should be someone else, But you wouldn't know me if I was... (...) I could be someone else, I should be someone else, But you shouldn't tell me what to do...
(...)
J'aime les cafés impersonnels Le tablier des demoiselles Si peu soucieuses de mes pensées J'aime l'indifférence passagère les yeux en guise de dictionnaire Et la musique de ces troquets Mais j'aime aussi les quand elle me sourit J'aime les kilomètres solitaires Le passeport dans la portière Les idées filent, l'aiguille s'affole J'aime les sons sortis d'son semi sommeil Les 'déjà là' des petits réveils A la radio les 2 heures sonnent Mais j'aime aussi les quand elle me sourit
Chanson d'amour, hystérie du moment, écrans, romans, tout l'temps
Des p'tits, des lourds, des vrais, d'autres du flanc
C'est trop, finissons-en
Ça dégouline de tous les magazines
Ça colle aux doigts, ça colle au coeur, c'est dégoûtant
En vérité, Qui pourrait m'en citer Un seul qui lui ait donné Plus de liberté
Des amours propres, les plus sales, écoeurants
J'en ai croisés souvent
Enfants parents, photos, sourires, charmants !
Nés pour venger tous leurs échecs, donnant donnant
Amours "vautours" ou "vitrine", j'en ai vus
Mais des amours tout court, ça court pas les rues
Abus d'confiance, vulgaire anesthésique
Inconscience pathétique
Ça peut cacher nos misères un moment
Comme un alcool, comme une drogue, un paravent
Mais y a toujours un de ces sales matins
Où l'on se dit que l'amour, ça sert à rien
Trève de discours, y a rien d'pire que l'amour
Sauf de ne pas aimer Autant le faire, c'est clair Et puis se taire
Quoi De notre amour feu ne resterait que des cendres Moi J'aimerais que la terre s'arrête pour descendre Toi Tu me dis que tu vaux pas la corde pour te pendre C'est à laisser ou à prendre Joie Et douleur c'est Ce que l'amour engendre Sois au moins conscient que mon coeur peut se Fendre Soit Dit en passant j'ai beaucoup à apprendre Si j'ai bien su te comprendre Amour cruel Comme en duel Dos à dos et sans merci Tu as le choix des armes Ou celui des larmes Penses-y penses-y Et conçois que c'est à la mort à la vie Quoi De notre amour feu ne resterait que des cendres Moi J'aimerais que la terre s'arrête pour descendre Toi Tu préfères mourir que de te rendre Va donc savoir va comprendre Serge Gainsbourg Paroles et musique: Serge Gainsbourg