E x t i m e (journal)

Affichage des articles dont le libellé est Silence. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Silence. Afficher tous les articles

mercredi 11 janvier 2017

Tant se dire en silence

“Heureux deux amis qui s'aiment assez pour (savoir) se taire ensemble.”


“Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.”


Charles Péguy

dimanche 13 décembre 2015

Déclaration d'amour véritable

" Je suis aussi heureux avec toi que si j'étais seul. "

Jean Yanne à Nicole Calfan
(relaté par elle dans ONPC, 12 décembre 2015)

dimanche 12 octobre 2014

Ne lui dis pas

Troubles images issues du temps
Messages d'enfant
Vagues voyages au gré d'avant

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à  toi
Rêve tout bas
Ne lui dis pas

Tendres caresses, fièvres et sang
Les peaux s'entendent et se tendent
Paupières closes, qui te prend ?

Ne lui dis pas
Ça sert à  quoi
Ce n'est qu'à  toi
Ne lui dis pas

On n'avoue rien si l'on est innocent
Les mots sont vains, les mystères indulgents
La pénombre éclaire
Du silence au mensonge
C'est l'espace des songes

Page après page, vie sur vie
Quand les questions dansent
N'est-ce que ça ? Etait-ce lui ?

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à  toi
Rêve plus bas
Ne lui dis pas

Qu'il est si tard, qu'il ne t'étonne plus
Qu'il ne sait pas et qu'il n'a jamais su
Que bientôt l'hiver
Si c'était à  refaire
Mais...


J-J Goldman

vendredi 8 août 2014

solitude (2) . silence . soleil

"Je déguste la solitude
Laisse une minute de silence fondre sur ma langue
seul le rayon du soleil poussiéreux vient me déranger "

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti


Solitude (1)
Solitude (3)

lundi 19 mai 2014



  kanji symbolisant un soleil (petit kanji au milieu) entouré par une porte. J'avais lu également quelque-chose comme "rayon de lune passant entre deux volets entrouverts" ... mais bon, n'ayant pas appris moi-même le japonais ...

Le ma signifie l’intervalle, l’espace, la durée, la distance. Non pas celle qui sépare, mais celle qui unit. Ce terme est employé comme concept d'esthétique, il fait référence aux variations subjectives du vide (silence, espace, durée) qui relient deux objets, deux phénomènes séparés. Ce concept est décliné dans de nombreux arts : architecture, peinture, arts martiaux, art culinaire, théâtre, musique, etc.



Le Ma : intervalle, transition, pause, respiration, passage
- incarne et s’incarne dans tous les éléments qui permettent de relier "et/ou" de séparer un lieu d’un autre, un temps d’un autre ;
- au niveau de l’espace ou du quotidien : portique, seuil, marche, galerie, chemin de gravier…
- permet aux sensations de s’épanouir, force cachée du Ma, codes imperceptibles favorisant une harmonie entre soi et l’espace ;
- est aussi un certain type d’intervalle dans la musique et la danse traditionnelle ;
- temps de silence dans la diction ;
- privilégie les blancs et le néant en tant qu’ils appellent à y percevoir une infinité de significations ;
- combinaison d’un vide, d’un silence, d’un arrêt, d’une pause, d’un décalage ;
Le Ma introduit dans la suite des signes qu’impose un émetteur quelconque, des zones libres où le récepteur a le besoin d’inscrire la signification de son goût.
Le Ma est aussi associé à la notion de bordure, le bout, le liseré, le cadre, la plateforme ou véranda qui ourle la maison traditionnelle et où l’on n’est ni vraiment dehors ni vraiment dedans.
Le Ma sépare tout en reliant
« Le sens de l’espace au Japon », d’Augustin Berque, Éditions Arguments




Le Kôjien (équivalent du Petit Robert pour la langue japonaise) propose pour "ma" :

Architecture

« Espace ouvert » : transition vide qui sépare et relie deux espaces ou l'intérieur et l'extérieur.
Le ma est aussi associé à la notion de bordure, le bout, le liseré, le cadre, la plateforme ou véranda qui ourle la maison traditionnelle et où l’on n’est ni vraiment dehors ni vraiment dedans.
Ma : « portique », « seuil », « marche », « galerie », « chemin de gravier ».

Théâtre

Petite pause marquée pour laisser à la réplique le temps de porter, de faire son effet , immobilité active.

Danse

La pause (suspension) qui crée le rythme, inaction entre deux mouvements.

Mode

Ma est aussi un "espace " intéressant entre la peau et le tissu. Chaque anatomie étant différente, le "ma" est toujours unique et crée une forme spécifique à l'individu.

Musique

La pause (suspension) qui crée le rythme, silence entre deux phrasés musicaux.

Art martiaux

Le ma-ai (間合い principe d’aikiest très présent dans les arts martiaux où il désigne l'espace entre deux adversaires qui détermine le protocole du salut et de l’engagement du combat ; non seulement la distance entre les deux adversaires, mais aussi le temps qu'il faut pour franchir cette distance. Le Kanji 合pour "ai" représente un pot avec un couvercle dessus et symbolise deux choses qui s'accordent ensemble, l’union, l’harmonie.

Art floral : ikébana

On ne sature jamais l'espace.

Art de la table

L’art de la table est érigé au Japon au même rang que l’ikebana ou que la calligraphie. Esthétique du vide dans l’arrangement des mets au cours des repas : on ne remplit jamais le bol, l’équilibre entre le contenant, l'espace vide et la nourriture est crucial. 

Calligraphie et Peinture

Au Japon la calligraphie et la peinture ont pour fondement l'art du trait. Cet art est différent de ce que l'Occident considère comme un trait, tracé, limite ou contour. L'essence de la chose est dans le trait, et non pas dessinée ou peinte avec des traits, limites ou contours. En calligraphie il en va de même. Le sens est d'abord dans le trait, et non pas signifié par des traits. C'est ce que l'on dit lorsqu'on parle d'un « trait vivant » dans la peinture ou la calligraphie japonaises. Le ma est un élément constituant de cette vie du trait. En effet les traits s'enchaînent et c'est cet enchaînement, appelé kimyaku (気脈,« enchaînement du ki »), qui est « l'élément le plus important de la calligraphie ». Le ma est l'intervalle entre les traits qui sépare et à la fois relie les traits entre eux. Si l'on s'arrête entre deux traits, pour réfléchir ou reprendre de l'encre, il n'y a pas d'enchaînement, pas d'intervalle vivant, mais au contraire le trait est mort. « Grâce au kimyaku, les caractères ne sont pas constitués de traits distincts, mais forment un tout vivant. Il faut l'avoir constamment à l'esprit et ne jamais arrêter un caractère en cours de route pour le reprendre - car dans ce cas il serait mort ». Le ma ne répond pas à une logique géométrique, mais à une intuition enracinée dans l'esthétique du kokoro (こころ), propre à l'esprit japonais, où l'on ne reprend jamais un trait, où l'on ne corrige jamais un intervalle.
La notion de ma est centrale pour comprendre que l'art classique japonais n'est pas une recherche du vide, mais une voie (), c'est-à-dire le dépassement de la dualité du vide et du plein : « Le concept de ma est également utilisé en dehors des arts de la scène. Dans leur tradition picturale les peintres japonais cherchent à créer un « vide plein de sens » par l'utilisation des espaces blancs ». Le vide dans l'art japonais n'est donc pas le néant, contrairement à une interprétation erronée largement répandue en Occident.


Suspension



dimanche 18 mai 2014

Suspension

" Dommage ... dommage ... les moments de suspension ne durent jamais assez longtemps." 



Arman Hors saisonfilm de Sébastien Betbeder .2013. 


間 

samedi 22 mars 2014

ça dégouline ...



























Chanson d'amour

Chanson d'amour, hystérie du moment, écrans, romans, tout l'temps
Des p'tits, des lourds, des vrais, d'autres du flanc
C'est trop, finissons-en
Ça dégouline de tous les magazines
Ça colle aux doigts, ça colle au coeur, c'est dégoûtant
En vérité,
Qui pourrait m'en citer
Un seul qui lui ait donné
Plus de liberté


Des amours propres, les plus sales, écoeœurants
J'en ai croisés souvent
Enfants parents, photos, sourires, charmants !
Nés pour venger tous leurs échecs, donnant donnant
Amours "vautours" ou "vitrine", j'en ai vus
Mais des amours tout court, ça court pas les rues

Abus d'confiance, vulgaire anesthésique
Inconscience pathétique
Ça peut cacher nos misères un moment
Comme un alcool, comme une drogue, un paravent
Mais y a toujours un de ces sales matins
Où l'on se dit que l'amour, ça sert à rien

Trève de discours, y a rien d'pire que l'amour
Sauf de ne pas aimer
Autant le faire, c'est clair
Et puis se taire




J-J. Goldman

vendredi 3 janvier 2014

Solitude (1)

J'ai parfois un grand besoin de solitude.

Le besoin presque vital de me retrouver seule, pour pouvoir me retrouver, pour pouvoir m'écouter, écouter mon corps et mes pensées.

Dans ce genre de moment, la présence des autres m'est presque insupportable. Je le vis comme une oppression.

Je pourrais paraître associable, mais pas du tout.

Etre seule, c'est un moyen de suspendre le temps, de respirer.

J'aime les autres, mais j'aime aussi ma solitude.

Avoir le silence.


Seasun, Photographie de Théo Gosselin
Solitude (2)
solitude (3)