E x t i m e (journal)

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vendredi 30 décembre 2016

Jamais ma main

" Elle a pris mon bras, jamais ma main. Trop infantile, indigne, j'en convenais aussi. Si j'avais cherché sa main, il y a longtemps, chez ses parents, c'était plus pour briser la glace que pour la beauté du geste. De même elle moquait les gens qui s'embrassaient sur les bancs publics. Le théâtre, la publicité des corps ne la bluffaient pas. Là encore, nous étions d'accord. Les corps étaient douteux pour se trahir eux-mêmes et mentir aux autres. "

Jean-marc Parisis, Les aimants

mardi 13 décembre 2016

Cette part impartageable

" Des pans entiers de mon existence indifféraient complètement Ava. Elle me les laissaient comme je lui laissais ses jardins secrets. Dès le début de notre histoire, nous avions recensé nos différences, préempté nos espaces intimes, nos temps personnels. Nos égoïsmes se respectaient. Le réglage de nos solitudes s'opéraient dans une anarchie naturelle, heureuse, en marge des lois communes aux autres couples. Les soupçons, les jalousies ne passaient pas sur nous. Souvent quand on aime, on a beau étreindre l'autre, lui parler toujours, il vous manque encore. Donner sa peau ou ses mots ne change rien. En général, il n'y a pas d'amour heureux. L'amour est inquiet, mendiant, il devient vite un droit à tyranniser ..."

Jean-marc Parisis, Les aimants

L'espace qui lie

" Les corps chutaient plus par légèreté que par gravité. L'espace nous liait davantage."

Jean-marc Parisis, Les aimants

mercredi 19 octobre 2016

Pas de sens à donner du sens

" Qu’avions-nous en commun ? Sans doute un rêve, celui de pouvoir naviguer en toute liberté et rencontrer des êtres et une nature rendant absurde la question du sens de la vie. "

Björn Larsson , La Sagesse de la mer : Du cap de la Colère au Bout du monde


dimanche 11 septembre 2016

Quelque chose noir

Au matin
Je suis habitant de la mort idiote la tête comme un porridge
Les oiseaux s'envolent à l'avoine noire de fumée (il est quatre heures, il est cinq heures)
Les arbres s'habillent de fond en comble
Dans mon bol des archipels de boue noire qui fondent
Je bois tiède
L'église, le sable, le vent irrésolu
J'avance d'une ligne, à deux doigts
Je voudrais nous coucher tête-bêche
Tes yeux sur ma bouche à la place de ce rien

Jacques Roubaud, Quelque chose noir

jeudi 25 août 2016

Rykiel et Butor ... départs

création de
Sonia Rykiel (1930-2016)


"Toute tête est un entrepôt, où dorment des statues de dieux et de démons de toute taille et de tout âge, dont l' inventaire n' est jamais dressé."    

Passage de Milan, Michel Butor (1926-21016)


mardi 26 juillet 2016

Jugaad

" Jugaad " est un mot hindi populaire qui peut être traduit à peu près par « l’art de concevoir des solutions ingénieuses ». Largement pratiqué dans les pays émergents, c’est le Système D.


"L'innovation frugale est une démarche consistant à répondre à un besoin de la manière la plus simple et efficace possible en utilisant un minimum de moyens. Elle est souvent résumée par le fait de fournir des solutions de qualité à bas coût ou d'innover mieux avec moins" (source Wikipédia) 

Dans un monde où les ressources financières et énergétiques se restreignent, les entrepreneurs jugaad perçoivent les fortes contraintes comme autant d’incitations à innover

"Si nous avions des millions en banque, notre cerveau arrêterait de survivre" 
citation d'un chirurgien cardiaque en Inde. Il pratique une opération cardiaque pour un coup de 1200 dollars, contre 70 000 pour la même opération pratiquée aux Etats Unis. Il "fabrique" des instruments de chirurgie, voire des implants chirurgicaux, lui-même, en détournant des matériaux ou des ustensiles, au lieu d'en acheter des "tout faits" au prix fort. D'où un coût modique pour un résultat similaire.

référence occidentale : Mac Gyver ! ; )

jeudi 31 mars 2016

Zaha Hadid

Zaha Hadid (31 oct.1950, Bagdad - 31 mars 2016,Miami) 

1ère femme architecte à avoir reçu le Pritzker Price, en 2004.

" Obtenir de belles vues à partir de tous les angles possibles "


" Je me suis senti limitée par la pauvreté du traditionnel principe de dessin architectural et j'ai recherché de nouveaux moyens de représentation "


Centre culturel Heydar Aliev de Bakou, en Azerbaïdjan, 2012

l'Al-Wakrah Stadium, Quatar (en construction)






















mardi 29 mars 2016

Envie en vie

" Pourquoi ne pas fêter les événements dès que l'envie se présente, donc avant qu'ils ne se produisent ? 
Car on ne sait jamais s'ils se produiront, in fine, ni si on sera toujours là (vivant) pour les vivre."

L.

dimanche 27 mars 2016

mardi 1 mars 2016

Claude Parent

Claude Parent 26 février 1923 - 27 février 2016

Ah! Claude Parent ! jamais je n'oublierai cette conférence donnée à Rennes aux milieu des années 90...

Il était incroyable,  avec son feutre noir, à exprimer ses idées en quelques traits et, debout, en mouvement, à mimer "sa" fonction oblique !
Déjà âgé à  l'époque, et pourtant tellement dynamique et enjoué . Tellement libre et passionné. Et passionnant.

Rappel de l'article déjà paru sur ce blog :

Article du 16mars 2014 Claude Parent / la fonction oblique

Photographie Emmanuel Goulet

jeudi 25 février 2016

Eglisse








Manuel del Busto, architecte - 1912
Okuda San Miguel, street artist - 2000
pour un collectif de skaters "The Church Brigade"





mercredi 10 février 2016

Corps chaos




Collages de  Chloé Julien


" L’idée de chaos comme état initial, et constant de l’humanité, est un des points principaux de départ de cette série de collages et des peintures à l’huile qui en découlent, nouveau processus de travail qui a débuté fin 2011.
La scène finale de Zabriskie Point, film emblématique de Michelangelo Antonioni, m’a profondément marquée : L’héroïne principale fait exploser mentalement, une villa contenant des objets de consommation de luxe. Les éclats, suspendus dans l’air, forment une image hypnotique et leur envolée est accompagnée de la musique romantique de Pink Floyd au ralenti... Cette association contradictoire purement esthétique qui procède d’une mise en scène dans une piscine afin de lisser les images et les couleurs qui nous apparaissent de face, est un exutoire qui finit par catalyser toutes les émotions. Il semble à la fois répertorier chaque déchet dans l’air et les mettre en évidence afin de leur redonner une place plus «juste», primitive, organique, flottant dans l’air dans une nouvelle harmonie colorée. Le spectacle qu’on vit face à l’explosion de produits emblématiques de la société de consommation, cette beauté là est cathartique.

J’utilise des images de magazines de mode, de photo ou de porno. En premier lieu : je pense à ruiner l’harmonie, et faire voler en éclat ce qui fascine, ce détournement, à la manière d’un morceau de musique expérimental: «Noise», ou d’une «coupe» de Gordon Matta-Clark me permet de faire cheminer le cerveau dans un espace qu’on ne peut saisir facilement. La chirurgie de l’image est en œuvre : extraire, voir disséquer des matières sans se soucier de la représentation originale. Ces images de magazines, représentent un paroxysme de la séduction sociale, elles se ressemblent toutes, et font cohabiter sans hiérarchie sublime et réalisme à des but mercantiles. Leur physicalité m’intéresse plus qu'une image prise sur internet, manquant de matérialité, de rudesse. J’utilise, en passant par la dissection des images, des processus similaires de fabrication (agrandissement, composition, colorisation, trompe-l’œil) à des fins complètement différentes. 
Détournées et recomposées dans un espace vide, mental, la transformation violente des images initiales se fait sentir: elles ont été dépouillées, évidées, puis «réparées», grâce à l’aimantation fragmentaire, plus ou moins aléatoire. 

Cela tend à rendre compte d’un mécanisme humain. Incomplet : il l’est toujours, et il est voué à des métamorphoses qui ne mèneront nulle part, qu’à l’état de ce mouvement perpétuel. L’état constant : est celui de la métamorphose, du chaos, des tentatives de fusions contrariées. C’est une contradiction que je ne peux expliquer autrement. Même si ça tend vers l’explosion, je prends un soin tout particulier à ces ruines, comme s’ils étaient des émaux, des miniatures. Je ne cherche pas à reproduire un effet «naturel». La retranscription, et la mise en situation dans un espace plus grand, en peinture à l’huile, sont un détournement supplémentaire qui ajoute, à la confusion par le trompe l’œil, et la sensualité de l’huile qui donne une impression de proximité. On voit tout, de très près : mais on ne voit rien. Le corps est là, et pourtant il n’est le centre de rien : on le soupçonne partout, sans le reconnaître, il n’est que pris dans un mécanisme, qui ne mène à rien d’autre qu’à tourner comme une machine, et à faire acte d’une présence que je souhaite très ambigüe, et finalement bien immobile. 
Je tente d’offrir des chemins de compréhensions parasites, incomplets, un nouveau «pli», de l’image, en essayant d’être entre l’abstraction et la figuration : je pense autant à Bosch qu’à Kandinsky, autant à Bellemer qu’à Stella et m’intéresse depuis peu à la peinture réaliste et hyper réaliste actuelle, comme la façon dont Chuck Close, isole l’image zone par zone et accède à sa matière, d’une façon ultra pragmatique. "

Chloé Julien (2013)







jeudi 4 février 2016

Terunobu Fujimori

藤森 照信, Fujimori Terunobu (1946-.) 

Architecte japonais. Historien de l’architecture japonaise jusqu'en 1990, il décide de mettre en pratique certaines expériences architecturales, en commençant par sa propre maison.
Il réalise notamment des maisons de thé  particulièrement étonnantes.

Proche de l’architecture ancestrale japonaise avec l'utilisation de matériaux naturels tels que le bois (dont bois brûlé, ou des arbres entiers) et la terre, auxquels il intègre volontiers les végétaux, sa démarche est indissociable du
 contexte environnemental de sa construction.

Constructions 
improbables, biscornues parfois d'apparence frêles qui défient la gravité, perchées ou suspendues, agrémentées d'appendices décalés, posés là, comme en équilibre.
De prime abord, en décalage avec la philosophie zen, épurée et rigoureuse, mais en apparence seulement, car assurément dans la continuité de cette culture-là.


Principales réalisations : Maison de thé Takasugi-an à Chino, l’Onsen Lamune à Takeda, le musée d’art Nemunoki à Kakegawa, la maison du chocolat Kokubunji à Tokyo, ... En 2006, il représente le Japon à la Biennale de Venise.








ne pas passer à côté de Takasugi-an
et conférence donnée à l'Ecole d'Architecture de Strasbourg par Terunobu Fujimori