E x t i m e (journal)

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lundi 3 octobre 2016


Photographies de L. septembre 2016 Camaret, Crozon, Finistère
Ruine du manoir de Saint-Pol Roux (poète 1861-1940)






« ceux qui comme lui s'offrent le magnifique plaisir de se faire oublier » 
André Breton, Clair de Terre dédicacé à Saint-Pol Roux








« L’effet de ces compositions, bonnes ou mauvaises, c’est de vous laisser dans une douce mélancolie. Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe, d’un portique, d’une pyramide, d’un temple, d’un palais, et nous revenons sur nous-mêmes. Nous anticipons sur les ravages du temps, et notre imagination disperse sur la terre les édifices mêmes que nous habitons. A l’instant, la solitude et le silence règnent autour de nous. Nous restons seuls de toute une génération qui n’est plus ; et voilà la première ligne de la poétique des ruines.» Diderot







samedi 30 janvier 2016

Reflet


Photographie et haïku* de Hervé Colard





glanée sur le blog Plages de silence




* haïku 俳句  " forme poétique très codifiée d'origine japonaise (...) Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à dire et célébrer l'évanescence des choses" (source : Wikipedia)

samedi 21 novembre 2015

lundi 2 novembre 2015

Jaune grue




Photographie de L.
Nantes, 1 novembre 2015




"Certains jours, ceux qui longent à pied les chantiers navals ne perçoivent plus les coups de marteaux habituels. Plus d'échos, plus un choc, plus un appel. Dans le port, les grues ne chargent ni ne déchargent guère Ces dinosaures de l'ère industrielle sont atteints d'un mal mystérieux. On l'a dit et répété à la télévision, il a pour nom la Crise et on ignore comment le vaincre. Les banques ne prêtent plus d'argent. Certaines n'en ont plus. Qu'est-il devenu ? Nul ne le sait vraiment et cela inquiète. La stupeur gagne. Dans le bac à sable où les enfants jouaient au capitalisme, on vient d'égarer la règle du jeu."

Nagasaki, Eric Faye

mardi 22 septembre 2015

A la dérobée

" Les lieux m'inspirent lorsqu'ils sont vus d'une route ou d'un train par exemple. Je vois un bois, un sentier, un ruisseau, le long d'une nationale, des publicités, des entrepôts. Certains événements, certains êtres sont comme des paysages. On ne peut les saisir (ou s'en souvenir) qu'en passant, à la dérobée. Ils exercent pourtant une influence radicale sur tout ce qui est formulé, ils sont la matière même de l'écriture "

Nulle part, Yasmina Reza

samedi 5 septembre 2015

L'art involontaire


"Pour qui veut bien regarder, tout fait art. La nature, la ville, l'homme, le paysage, l'air du temps, ce qu'on appelle humeur et sur toute chose enfin, la lumière. Par ailleurs, chacun connaît l'art des artistes, celui qui porte signature. Peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs etc. sont convoqués sur la question de l'art à propos de laquelle, on le sait, il y a toujours beaucoup à dire. Il existe cependant une plage indéfinie où se croisent le champ brut de la nature - les circonstances - et le territoire authentifié de l'homme. Ce terrain de rencontre produit des figures à la fois éloignées et proches de l'art suivant les définitions que l'on en donne. Pour ma part je considère comme art involontaire le résultat heureux d'une combinaison imprévue de situations ou d'objets organisés entre eux selon des règles d'harmonie dictées par le hasard.

Traité succint de l'art involontaire

Gilles Clément




Photographie de L.
Ile de Bréhat, décembre 2014




dimanche 4 janvier 2015

Sa-pin mari-time past-time

4 years ago...



Photographie  de L. 
Hiver 2011
Oeuvre d'(un) inconnu(s) rencontrée sur une plage costarmoricaine.

lundi 1 décembre 2014

Lisière


La lisière c’est la zone de frottement entre deux espaces.


En général, c’est une limite entre forêt et champ. Au loin fermant l’horizon : la forêt, et en avant la zone défrichée pour être cultivée. Le champ est lumineux. La forêt c’est l’obscurité, l’habitat des « génies de la forêt », la zone où on rejette des craintes, des peurs et des pierres.



J’ai toujours été fasciné par ce type de paysage. Quand on est au bord d’un champ on peut apprécier assez facilement les premières dizaines de mètres parce qu’on peut se projeter en parcourant cette distance. Après c’est une étendue indéfinie. On ne retrouve visuellement quelque chose de palpable qu’au niveau de cet écran qui vient fermer le paysage. J’ai toujours pensé que la vie consistait à avancer dans cet espace et à découvrir petit à petit en avançant dans une étendue indéfinie la matérialité des choses. Et puis on arrive au bout, dans un « au-delà ». La disparition.



Un jour une amie architecte m’a dit que la lisière peut aussi être parcourue en la longeant, comme un funambule. L’image m’a beaucoup plu et je me suis imaginé sur un câble tendu juste à la lisière de la forêt, avec un balancier permettant de me maintenir l’équilibre. Un côté du balancier se trouve dans le grand jour et l’autre dans l’obscurité. J’avance porté par l’ombre et à la lumière



Ce qui évoque la peinture de Rembrandt. En effet, ce qui fait la lumière très particulière de ses œuvres, c’est une façon (avec une technique très originale) de faire vibrer de la lumière dans l’ombre et d’introduire de l’ombre dans la lumière. On n’est loin d’une dialectique simpliste.




LISIÈRE

Extraits d’un entretien de Jean-Pierre Brazs


" Je m’intéresse aux limites plus qu’aux choses ou aux lieux eux-mêmes. Aux limites et aux liens : il m’arrive souvent quand j’interviens dans un lieu de créer des passerelles avec d’autres interventions dans d’autres lieux. Ce qui est entre les choses, les lieux, les mots, est peut-être plus intéressant que les choses elles-mêmes. "



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Talvera 1, 1987



dimanche 29 juin 2014

Tiers Paysage (2)


A Nantes, une mystérieuse graffeuse nomme les plantes des rues

« Dans mon quartier de Chantenay, à Nantes, un botaniste lettré, aussi savant qu’anonyme, a redonné leurs noms aux herbes sauvages des rues. Merci l’ami-e ! » L’histoire commence avec ce texte publié par un Nantais le 20 juin dernier, sur Facebook, accompagné de plusieurs photos. Celles-ci montrent des pochoirs peints sur les trottoirs qui révèlent depuis fin mai aux passants le nom des fleurs sauvages.



Frappantes et poétiques, ces photos sont partagées, en quelques jours, des milliers de fois sur Facebook. Jusqu’à ce qu’un internaute finisse par identifier l’anonyme à l’origine de cette belle idée. Il s’agit d’une conteuse nantaise, Frédérique Soulard , toute étonnée du succès de son initiative sur Internet : « Il paraît que quelqu’un a mis les photos sur Facebook et que beaucoup de gens les ont vues, je suis très contente. » L’artiste, précise rapidement : « Je ne suis pas botaniste de formation, mais j’ai travaillé dans l’herboristerie de ma grand-mère. J’ai toujours aimé les plantes et leurs noms vernaculaires et je veux partager ça depuis longtemps. Ça fait une dizaine d’années que je mûris ce projet. »


En nommant ces plantes, l’artiste entend les faire exister aux yeux des promeneurs. « Je trouve que ça change le regard des gens. Je peux vous assurer que, quand vous rentrerez chez vous, vous verrez des dizaines de plantes sauvages dans les rues. » En préparant son projet, elle raconte avoir compris, par exemple, que les coquelicots de son quartier profitent des pentes pour faire rouler leurs graines et s’étendre peu à peu. Ou que si la Ruine de Rome pousse dans sa rue mais pas dans les rues voisines, c’est parce qu’elle est riche de vieux murs. Depuis fin mai, l’artiste, accompagnée de sa sœur, a identifié près d’une centaine d’espèces différentes et peint une cinquantaine de pochoirs.


Pour sensibiliser les passants, Frédérique Soulard propose également des sorties pour goûter des tisanes à base de plantes ou faire taguer par des quidams les noms des plantes sur le sol : « On travaille avec la mairie de Nantes qui nous a donné une subvention et a prévenu ses équipes pour ne pas que ce soit effacé. Mais le but n’est pas forcément d’être le plus efficace possible ou de tout répertorier. Un vrai botaniste pourrait passer deux heures pour vous montrer les plantes d’une rue de dix mètres ; moi, j’essaye plutôt de mettre doucement les gens en relation avec les plantes autour d’eux et le nom, c’est un super moyen ! En vous apprenant qu’il existe une plante qui s’appelle la « Ruine de Rome », je vous ai fait un beau cadeau, non ? » Pour que vous aussi puissiez offrir le nom des plantes en marchant dans les rues, voici les photos (et le nom) de plusieurs plantes, dont la fameuse Ruine de Rome.

mardi 28 janvier 2014

Tiers Paysage (1)



"L'analyse du paysage de Vassivière, établie dans le courant de l'année 2002 pour le Centre d'art et du paysage, laisse apparaître le caractère artificiel de ce qui semble «naturellement » présent : l'étendue d'eau d'un barrage hydroélectrique, les arbres d'une forêt gérée, l'herbe des élevages bovins... Ensemble organisé selon les facilités du relief, les expositions, les accès.
Ce que perçoit l'oiseau – que notre regard embrasse depuis un sommet – est un tapis tissé de forme sombres et bourrues : les forêts ; et de surfaces claires bien délimitées : les pâtures.
L'alternance d'arbres et d'herbes creuse le paysage, l'anime de perspectives courbes relancées par un relief doux et profond. La balance des ombres et des lumières répond à un dispositif dont on devine l'économie.

L'immensité du territoire atteint par cet équilibre peut tromper le voyageur : s'agit-il d'un projet ? D'un hasard de l'histoire ? Morcellement des parcelles, habitat dispersé, variation du relief : tout cela constitue un appareil ancré dans la géographie et dans la société capable d'affronter durablement la machine à tout remembrer. Vestiges d'une polyculture dont un grand nombre de figures ont disparu pour laisser dominer deux richesses : l'arbre, l'herbe.
Purs produits de la PAC – attitude dont le pouvoir réducteur n'est pourtant pas venu à bout de toutes les diversités.
Si l'on cesse de regarder le paysage comme l'objet d'une industrie on découvre subitement - est-ce un oubli du cartographe, une négligence du politique ? - une quantité d'espaces indécis, dépourvus de fonction sur lesquels il est difficile de porter un nom. Cet ensemble n'appartient ni au territoire de l'ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. En lisière des bois, le long des routes et des rivières, dans les recoins oubliés de la culture, là où les machines ne passent pas. Il couvre des surfaces de dimensions modestes, dispersées comme les angles perdus d'un champ ; unitaires et vastes comme les tourbières, les landes et certaines friches issues d'une déprise récente.

Entre ces fragments de paysage aucune similitude de forme. Un seul point commun : tous constituent un territoire de refuge à la diversité. Partout ailleurs celle – ci est chassée.
Cela justifie de les rassembler sous un terme unique.
Je propose Tiers paysage, troisième terme d'une analyse ayant rangé les données principales apparentes sous l'ombre d'un côté, la lumière de l'autre.
Tiers paysage renvoie à tiers état (et non à tiers-monde). Espace n'exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir.
Il se réfère au pamphlet de Sieyès en 1789 :
« Qu'est – ce que le tiers état ? - Tout. Qu'a  t-il fait jusqu'à présent ? - Rien. Qu'aspire-t-il à devenir ? - Quelque chose. » "

Manifeste du Tiers Paysage, Gilles Clément

jeudi 12 décembre 2013

Bunker




J'ai eu beau chercher, quoi de mieux intégré au paysage qu'un bunker ?






Toujours installé dans un lieu stratégique.
Et qui dit lieu stratégique implique vues imprenables.
Qui n'a jamais rêvé de voir sans être vu ?






Et un abri indestructible.






Un lieu de solitude aussi.
Propice à la méditation.

L'architecture devrait s'inspirer du bunker...





J'aime les cabanes aussi, mais à l'inverse, elles sont forcément éphémères...mais on en reparlera...








lundi 28 octobre 2013

Friche

"La friche est à la nature ce que la liberté est à la création"

"La friche agit par surprise, en douce et se venge avec vivacité de l'absence prolongée du regard. Avec exubérance, elle unit les territoires, efface les talus, marie les bosquets. L'artiste agit aussi par surprise - le départ d'un trait ne prévoit pas forcément son aboutissement, les différents lieux du dessin se combattent plus qu'ils ne s'harmonisent...et l'épiphanie du paysage est à la hauteur du désarroi."

"La friche autorise toutes les audaces de la création, le rêve de tous les jardins."

Eloge de la friche  François Béalu-graveur, Gilles Clément-jardinier paysagiste, 1994.