E x t i m e (journal)

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mardi 13 décembre 2016

Cette part impartageable

" Des pans entiers de mon existence indifféraient complètement Ava. Elle me les laissaient comme je lui laissais ses jardins secrets. Dès le début de notre histoire, nous avions recensé nos différences, préempté nos espaces intimes, nos temps personnels. Nos égoïsmes se respectaient. Le réglage de nos solitudes s'opéraient dans une anarchie naturelle, heureuse, en marge des lois communes aux autres couples. Les soupçons, les jalousies ne passaient pas sur nous. Souvent quand on aime, on a beau étreindre l'autre, lui parler toujours, il vous manque encore. Donner sa peau ou ses mots ne change rien. En général, il n'y a pas d'amour heureux. L'amour est inquiet, mendiant, il devient vite un droit à tyranniser ..."

Jean-marc Parisis, Les aimants

dimanche 29 mai 2016

Sur le fil (de coton)




Après les pluies drues du printemps, Joseph et son fils Noé aiment observer le ciel et ses nuages. le père et le fils enlacés l'un à l'autre s'amusent à deviner les contours et dessins que forment ces cotons blancs et moelleux dans la voûte céleste.

Quand Noé part en vacances chez sa mère, Joseph ne voit plus aucun signe dans les nuages, il ne voit que l'immensité du vide au dessus de lui. Où vont ses rêves ?
Pour les retrouver, Joseph n'a qu'une envie : se défaire de la gravité : "Vivre consisterait à s'évaporer".
le père livré à sa solitude veut être comme le nuage, rincé de la pluie. Délester les obligations, stopper la folle course du temps et la cavale effrénée des jours.


Thomas Vinau, La part des nuages

samedi 7 mai 2016

Ce qui me ...

"Les prouesses ne m'intéressent pas plus que ça... 
non, c'est ce qui me remue, me bouleverse qui m'intéresse.
Et là-dedans, il y a une part d'inexplicable.
Ou du moins, ça se passe d'explication."

L.

Le corbusier dans son cabanon

lundi 28 mars 2016

Le pont sans fin


The Infinite Bridge à Aarhus, 2015.
architectes : Gjøde & Povlsgaard 




" Je fais l'amour et la révolution
Je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons
Et je tourne en rond, je tourne en rond."

Zazie, Je suis un homme.

lundi 21 décembre 2015

Solstice d'hiver

« Solstice d’hiver : la période la plus sombre de l’année. A peine éveillé le matin, il sent déjà que le jour commence à lui échapper. Il n’a pas une lumière où s’engager, aucun sens du temps qui passe. Il a plutôt une sensation de portes qui se ferment, de serrures verrouillées. Une saison hermétique, un long repliement sur soi-même. Le monde extérieur, le monde tangible de la matière et des corps semble n’être plus qu’une émanation de son esprit. Il se sent glisser à travers les évènements, rôder comme un fantôme autour de sa propre présence, comme s’il vivait quelque part à côté de lui-même – pas réellement ici mais pas ailleurs non plus. Il formule quelque part en marge d’une pensée : une obscurité dans les os ; noter ceci.

Dans la journée, les radiateurs chauffent au maximum. Même maintenant, en plein cœur de l’hiver, il est obligé de laisser la fenêtre ouverte. Mais pendant la nuit il n’y a pas de chauffage du tout. Il dort tout habillé, avec deux ou trois chandails, emmitouflé dans un sac de couchage. Pendant les week-ends, le chauffage est coupé complètement jour et nuit, et il lui est arrivé ces derniers temps, quand il essayait d’écrire, assis à sa table, de ne plus sentir le stylo entre ses doigts. Ce manque de confort, en soi, ne le dérange pas. Mais il a pour effet de le déséquilibrer, de le forcer à se maintenir en état permanent de vigilance. En dépit des apparences, cette chambre n’est pas un refuge. Il n’y a rien ici d’accueillant, aucun espoir d’une vacance du corps, où il pourrait se laisser séduire par les charmes de l’oubli. Ces quatre murs ne recèlent que les signes de sa propre inquiétude et pour trouver dans cet environnement un minimum de paix il faut s’enfoncer en lui-même de plus en plus profondément. Mais plus on s’enfoncera, moins il restera à pénétrer. Ceci lui paraît incontestable. Tôt ou tard, il va se consumer.

(…)

Il pause une feuille blanche sur la table devant lui et trace ces mots avec son stylo. Epigraphe possible pour le Livre de la mémoire. Ensuite, il ouvre un livre de Wallace Stevens (Opus Posthumous) et en copie la phrase suivante :

« En présence d’une réalité extraordinaire, la conscience prend la place de l’imagination » »




Extrait de : Paul Auster, L’invention de la solitude, traduit par C. Le Boeuf

texte re-trouvé sur Listen Up!

dimanche 13 décembre 2015

Déclaration d'amour véritable

" Je suis aussi heureux avec toi que si j'étais seul. "

Jean Yanne à Nicole Calfan
(relaté par elle dans ONPC, 12 décembre 2015)

dimanche 20 septembre 2015

Seul ... au centre de la lumière décomposée

Lumière et Couleur (Théorie Goethe) - Le matin après le déluge - Moïse rédigeant la Genèse, 1843, William TURNER


"Sa vie prenait part au caractère de ses oeuvres, elle était mystérieuse, et rien ne semblait lui faire plus plaisir que d'ébahir les autres et - les placer devant des énigmes; car lorsqu'il commençait à expliquer quelque chose à quelqu'un ou à raconter, il s'interrompait à coup sûr au beau milieu, jetait des regards mystérieux, hochait la tête, clignait des yeux et semblait dire : "comprend si tu peux." "
David Roberts à propos de William Turner


Le détour / Dominique A (2)


Le détour, Remué, Dominique A

Déjà pour le titre, et ensuite pour le tout

dimanche 23 août 2015

Giacometti (5)

"Je diminuais la sculpture pour la mettre à la distance réelle où j'avais vu le personnage (...) En outre, pour appréhender l'ensemble, pour ne pas me noyer dans le détail, il fallait que je sois loin ... Alors je reculais de plus en plus jusqu'à la disparition "
Alberto Giacometti

















Giacometti (4)

"Un jour, alors que je dessinais une petite fille, je me rendis soudain compte que la seule chose qui était vivante était son regard. Le reste de son visage ne signifiait rien de plus pour moi que le crâne d'un homme mort. On veut sculpter une personne vivante, mais ce qui le rend vivant c'est en fait son regard... Tout le reste n'est que l'encadrement du regard"
Alberto Giacometti






Giacometti (2)

“ On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c’est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace.” 
Alberto Giacometti














vendredi 21 août 2015

Giacometti (1)

Le Couple (1927)


Recto ( les corps )

Verso ( la face)

Profil (femme)


Profil (homme)

Photographies de L. Exposition Giacometti - FHEL Landerneau - Aout 2015


vendredi 24 juillet 2015

Imagine

"C'est pas toujours facile de vivre en société quand on a un peu d'imagination"

Hubert Félix THIEFAINE

dimanche 21 juin 2015

Ciel (voûte céleste)

Photographie de L. 20 juin 2014


Paysage

Je veux, pour composer chastement mes épilogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels, emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde;
les tuyaux, les clochers, les mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.
Il est doux à travers les brumes, de voir naître 
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre,
les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés , les automnes;
Je fermerai partout  portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais,
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front du pupitre;
car je serai plongé dans cette volupté
d'évoquer le printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire,
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.


Photographie de L. 20 juin 2014

dimanche 8 mars 2015

8 mars 2015

Gwin Zegal, Photographie de L. 8 mars 2015


Lire "King Kong Théorie" de Virginie Despentes, devant ce paysage, au bord du ravin,
magnifique.

C'est un peu comme écouter une mélodie légère et gaie, et fredonner, et se rendre compte que les paroles de la chanson sont des plus graves...

J'aime ce genre de décalages.

Et ces moments de solitude, avec pour seul compagnon un rouge-gorge venu se poser à 50cm de moi.









Merci à Karl (O.K) pour le bouquin, excellent !
Merci à la mer qui m'enivre depuis toujours et au soleil de ce 8 mars ...

vendredi 8 août 2014

solitude (2) . silence . soleil

"Je déguste la solitude
Laisse une minute de silence fondre sur ma langue
seul le rayon du soleil poussiéreux vient me déranger "

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti


Solitude (1)
Solitude (3)

jeudi 24 juillet 2014

Phase (être en)




Quantité ω + α (ω étant la pulsation, le temps et α une valeur dite « phase à l'origine ») dont le cosinus donne le mode de variation d'une grandeur sinusoïdale.




En phase :

 

se dit de deux ou de plusieurs phénomènes périodiques qui, à tout instant, varient de la même façon. Deux fonctions sinusoïdales sont en phase lorsqu'elles sont minimales ou maximales aux mêmes instants.



Le tout, pour vivre (bien) ensemble serait donc d'être en harmonie
donc en phase
question de "base", de pulsation et de temps. 




Phase critique, terminale, transitoire, initiale.
Phase diurne, obscure, solide, liquide, vapeur.
Phases progressives.
Phase d' angoisse, de stagnation.
Phases de Vénus, de Mars.
Phases de la Lune.
Phases du cycle ovarien.
Phase d‘un mouvement périodique.
Phases d‘un composé 
chimique.
Phases d‘une chose en évolution, d‘une maladie, d‘une action.
Phases d‘une opération, d‘un match, d‘une évolution.
Phase qui commence, se termine, se réalise.
Phase qui relie une borne au point neutre.
Angle de phase.
Changement de phase.
Discriminateur de phase.
Différence de phase entre deux mouvements de même période.
Loi des phases.
Maniaco-dépressif dans sa phase maniaque.
Malade en phase terminale.
Mouvements de même période en phase.
Mouvements de même période en opposition de phase.
En phase.
En phase avec une personne, le monde.
Constituer une phase.
Contenir plusieurs phases.
Entrer dans une phase.
Être dans une phase.
Être en phase.
Être en phase avec quelque chose ou quelqu‘un.
Être composé de phases.
Être en opposition de phase.
Former une phase.
Observer les phases d‘ une évolution.
Passer par une phase.
Rester en phase avec quelque chose ou quelqu‘un.
Se remémorer les phases de quelque chose.
Se trouver dans une phase.
Sortir d‘ une phase.
Traverser une phase.


dimanche 13 juillet 2014

Ah ! l'armoire en bois massif des grands parents ...


Amélie :
"Je suis allée voir le médecin. J'étais enceinte. Quand il m'a annoncé la nouvelle, j'ai fait semblant d'être heureuse... comme il se doit. Puis je suis rentrée chez nous. Je n 'ai rien dit à Armand. J'aurais aussi bien pu lui dire, mais j'ai choisi de ne rien dire. J'ai pensé à nous deux, à notre histoire. J'ai continué à me taire. Je me suis posée un tas de questions. Est-ce que j'aimais Armand ? Est-ce qu'avais envie d'avoir un enfant de lui ? est-ce que j'avais envie d'avoir un enfant ? Est-ce que j'étais capable d'aimer quelqu'un ? Je savais répondre à aucune de ces questions. Je me suis détestée pour ça. Armand ignore qu'aujourd'hui je suis allée à la clinique. Il ne sait pas ce que je viens de faire. " 

Armand :
" Je voyais bien que depuis quelque temps ça n'allait pas. Amélie n'était plus que l'ombre d'elle même. Je l'ai questionnée un peu plus formellement que d'habitude. Je voulais savoir ce qui nous arrivait. Elle s'est mise à pleurer. C'était la deuxième fois que je la voyais pleurer. Et puis, elle m'a tout raconté. Elle m'a demandé si j'aurais voulu le garder. Ce n'était pas la question. La question c'était pourquoi elle n'avait rien dit ? Elle savait pas pourquoi. elle savait plus rien. J'ai crié que c'était dégueulasse d'avoir fait ça, elle a continué à pleurer. J'ai tapé fort contre l'armoire en bois massif de ses grands parents, j'avais très mal au poignet, euh, je lui en voulais, j'en voulais à l'armoire, j'en voulais à ses grands parents. Je suis parti. J'ai marché pendant deux heures. Et puis la nuit a fini par tomber. "

Arman Hors saison , film de Sébastien Betbeder .2013. (version courte de : 2 automnes 3 hivers)