E x t i m e (journal)

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dimanche 2 octobre 2016

mercredi 27 juillet 2016

tu penses (avec) quoi ?

"Les livres présument que la pensée siège dans le cerveau, la vie prouve que l'homme pense avec ses autres viscères."
Maurice Chapelan, Main courante (1957)



dimanche 29 mai 2016

Sur le fil (de coton)




Après les pluies drues du printemps, Joseph et son fils Noé aiment observer le ciel et ses nuages. le père et le fils enlacés l'un à l'autre s'amusent à deviner les contours et dessins que forment ces cotons blancs et moelleux dans la voûte céleste.

Quand Noé part en vacances chez sa mère, Joseph ne voit plus aucun signe dans les nuages, il ne voit que l'immensité du vide au dessus de lui. Où vont ses rêves ?
Pour les retrouver, Joseph n'a qu'une envie : se défaire de la gravité : "Vivre consisterait à s'évaporer".
le père livré à sa solitude veut être comme le nuage, rincé de la pluie. Délester les obligations, stopper la folle course du temps et la cavale effrénée des jours.


Thomas Vinau, La part des nuages

dimanche 28 février 2016

Comme eau et huile


" Le désir puis le plaisir révèlent et trahissent l’enfermement de chacun dans sa peau, dans ses limites corporelles contraignantes. L’intersubjectivité sexuelle suppose moins la fusion que la juxtaposition, moins la confusion que la séparation. L’éjaculation, masculine ou féminine, prouve l’impossible religion amoureuse et l’évidence d’un athéisme en la matière. (…)

Pas de communication de substance, pas d’âmes qui se mélangent, pas de corps qui s’identifient : le philosophe est formel, dans la sexualité, on exacerbe la nature séparée des monades et leur définitive incapacité à se pénétrer, se fondre, s’unir et fusionner. Chaque corps, reproduit la figure de l’atome : insécable, sans porte ni fenêtre, telle la monade leibnizienne, rien de son identité ne sort de lui, rien n’entre en lui, il subsiste en sphère pour lui-même, et non avec autrui. 


D’où les aspirations infructueuses à cette confusion impossible par les baisers, les pénétrations, les pincements ou griffures, les morsures, les étreintes, les sueurs, les salives et les substances mélangées, les succions, les désirs d’incorporation buccale. Or, rien n’y fait : chaque corps demeure désespérément dans sa forme, dans sa complexion, essentiellement inchangé. Dans le désir sollicité et le plaisir exacerbé, chacun expérimente l’extase autiste et la volupté solipsiste, radicalement étranger aux émotions de l’autre qui le concernent par les seules satisfactions égoïstes et narcissiques qu’elles lui procurent. La jouissance de l’autre intéresse car elle fait la démonstration narcissique d’une capacité à la déclencher (…). On jouit du plaisir de l’autre parce qu’on le déclenche – on souffre de ne pouvoir le provoquer, mais on ne jouit pas le plaisir de l’autre. "

Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, 2000

mardi 16 février 2016

Hétérotopie

Mirror, mirror. Dessin de Laurie Lipton

" Corps incompréhensible, corps pénétrable et opaque, corps ouvert et fermé : corps utopique. 
Corps absolument visible, en un sens : je sais très bien ce que c’est qu’être regardé par quelqu’un d’autre de la tête au pied, je sais ce que c’est qu’être épié par derrière, surveillé par-dessus l’épaule, surpris quand je m’y attends, je sais ce qu’être nu ; pourtant ce même corps qui est visible, il est retiré, il est capté par une sorte d’invisibilité de laquelle jamais je ne peux le détacher. Ce crâne, ce derrière de mon crâne que je peux tâter, là, avec mes doigts, mais voir, jamais ; ce dos, que je sens appuyé contre la poussée du matelas sur le divan, quand je suis allongé, mais que je ne surprendrai que par la ruse d’un miroir ; et qu’est-ce que c’est que cette épaule, dont je connais avec précision les mouvements et les positions, mais que je ne saurai jamais voir sans me contourner affreusement. Le corps, fantôme qui n’apparaît qu’au mirage des miroirs, et encore, d’une façon fragmentaire.
(…)


Après tout, les enfants mettent longtemps à savoir qu’ils ont un corps. Pendant des mois, pendant plus d’une année, ils n’ont qu’un corps dispersé, des membres, des cavités, des orifices, et tout ceci ne s’organise, tout ceci ne prend littéralement corps que dans l’image du miroir (…). C’est ce cadavre, par conséquent, c’est le cadavre et c’est le miroir qui nous enseignent que nous avons un corps, que ce corps a une forme, que cette forme a un contour, que dans ce contour il y a une épaisseur, un poids ; bref, que le corps occupe un lieu. C’est le miroir et c’est le cadavre qui assignent un espace à l’expérience profondément et originairement utopique du corps ; c’est le miroir et c’est le cadavre qui font taire et apaisent et ferment sur une clôture – qui est maintenant pour nous scellée- cette grande rage utopique qui délabre et volatilise à chaque instant notre corps.

(…)


Je crois qu'entre les utopies et ces emplacements absolument autres, ces hétérotopies, il y aurait sans doute une sorte d'expérience mixte, mitoyenne, qui serait le miroir. Le miroir, après tout, c'est une utopie, puisque c'est un lieu sans lieu. Dans le miroir, je me vois là où je ne suis pas, dans un espace irréel qui s'ouvre virtuellement derrière la surface, je suis là-bas, là où je ne suis pas, une sorte d'ombre qui me donne à moi-même ma propre visibilité, qui me permet de me regarder là où je suis absent - utopie du miroir. Mais c'est également une hétérotopie, dans la mesure où le miroir existe réellement, et où il a, sur la place que j'occupe, une sorte d'effet en retour ; c'est à partir du miroir que je me découvre absent à la place où je suis puisque je me vois là-bas. À partir de ce regard qui en quelque sorte se porte sur moi, du fond de cet espace virtuel qui est de l'autre côté de la glace, je reviens vers moi et je recommence à porter mes yeux vers moi-même et à me reconstituer là où je suis; le miroir fonctionne comme une hétérotopie en ce sens qu'il rend cette place que j'occupe au moment où je me regarde dans la glace, à la fois absolument réelle, en liaison avec tout l'espace qui l'entoure, et absolument irréelle, puisqu'elle est obligée, pour être perçue, de passer par ce point virtuel qui est là-bas. "

Michel Foucault, Les Hétérotopies, Le Corps Utopique, 2009













lundi 1 février 2016

Anamorphose









Medusa la déesse que l’on ne peut fixer du regard sous peine de finir figé à jamais en statut de pierre.

Les artistes des groupes Ninja1 et Mach505 ont « anamorphosé » la déesse déchue. Cependant elle vous apparaîtra seulement lorsque vous aurez trouvé l’angle de vision parfait.

Attention à ne pas finir en pierre…

vendredi 11 décembre 2015

Ali & Nino



Photographies de Roberto Strauss


S'évertuer à trouver l'amour (fusionnel) sans y parvenir.
( de deux on ne fera pas un )

Ali et Nino? Le titre est considéré comme le roman national de l'Azerbaïdjan où il est devenu un classique de la littérature. Ali et Nino, est un conte familier évoquant des amants qui se retrouvent dans des circonstances tragiques (en période de guerre) qui finissent par les séparer. Ali, musulman azerbaïdjanaise, tombe amoureux d'une princesse géorgienne, Nino. Dès que les amants parviennent se réunir, Ali est tué par la guerre. 

Ces amants maudits ont inspiré en 2010, une statue colossale automatisée à l'artiste géorgienne Tamara Kvesitadze.
L'oeuvre d'art colossale, en métal, se trouve en bord de mer de Batoumi, en Géorgie. Elle se compose de deux silhouettes faites de segments et de lamelles métalliques empilés et ajourés. Chaque jour à 19 heures, les deux silhouettes glissent l'une vers l'autre et fusionnent sans se toucher, en intercalant leur structures lamellaires.

L'ensemble de la performance automatisée prend environ dix minutes et est souvent mise en lumière avec des couleurs vives et changeantes. Les corps métalliques rigides semblent alors prendre vie. 



dimanche 23 août 2015

Giacometti (5)

"Je diminuais la sculpture pour la mettre à la distance réelle où j'avais vu le personnage (...) En outre, pour appréhender l'ensemble, pour ne pas me noyer dans le détail, il fallait que je sois loin ... Alors je reculais de plus en plus jusqu'à la disparition "
Alberto Giacometti

















jeudi 23 octobre 2014

Illusion

Jamie Harkins , oeuvre éphémère



Escher




" C'était il y a très, très, très longtemps, en ce temps-là il y avait le Ciel. Au milieu du Ciel, il y avait la Terre qui était ronde et qui tournait. A gauche du Ciel il y avait la Planète Shadok. Elle n'avait pas de forme spéciale...
ou plutôt.... elle changeait de forme, ce qui était très inconfortable pour les Shadoks qui y habitaient. 
Ils ne savaient plus quels étaient les escaliers qui montaient et ceux qui descendaient sauf quand c'était expressément écrit dessus. Alors il arrivait souvent qu'avec un escalier prévu pour la montée on réussisse à monter plus bas qu'on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente.
De même, quand ils montaient un escalier, ils n'étaient jamais sûrs d'arriver en haut."


Les Shadocks, Jacques Rouxel.

samedi 18 octobre 2014

Lier Entrelacer Ecrire


"Notre monde a besoin de bons lecteurs, sans doute encore 
davantage que de bons écrivains. Il en va ici des paysages 
comme des livres : la lecture précède nécessairement 
l'écriture qu'elle irrigue et nourrit. A regarder les interventions
paysagères de Jean-Pierre Brazs, on devine tout de suite 
qu'on a affaire à un grand lecteur du paysage – un promeneur 
tranquille, un regardeur qui plonge dans le lieu qui l'accueille 
et qui prend le temps d'en faire la lecture, avant d'en proposer 
sa relecture singulière sous la forme d'une œuvre qui vient 
prolonger ce lieu et rendre un hommage discret à tout ce qui a 
pu combler son regard de lecteur. Il suffit parfois d'un seul 
point de vue sur le monde pour qu'il prenne forme : dans son 
intervention sur le site, il est question d'ordre et de désordre,
mais aussi de réalité et d'apparence. Car rien ne ressemble 
plus au désordre qu'un ordre qui s'organise : pourvu qu'on 
ouvre l'oeil, Le jardin du cercle d'or nous le donne à voir sous
la forme d'une étrange anamorphose qui confronte
l'entremêlement chaotique d'un amoncellement de branches à 
la rigueur géométrique du cercle parfait. De loin, on voit juste 
un tas de branches posé sur une dalle circulaire de béton. 
Mais en s'approchant, le visiteur découvre dans ce désordre 
apparent des traces de dorure ; en se déplaçant autour de
l'assemblage, les taches brillantes se rassemblent ; une forme 
incertaine apparaît qui l'encourage à se placer au point focal 
de l'anamorphose, signalé par une marque au sol : alors 
seulement le cercle d'or se (re)constitue et s'imprime sur la 
rétine du visiteur – car ce qui est vu n'existe pas ailleurs que
dans le regard que l'on pose sur le tas de branches, à cet 
endroit précis. Jean-Pierre Brazs s'amuse à duper notre 
regard : il nous invite à nous déplacer et à nous orienter pour 
découvrir le seul point de vue où il nous faut chaque fois nous 
placer pour découvrir le cercle parfait qui émerge ainsi de ce 
qui, au premier coup d'œil, n'était qu'un chaos disparate. Ce 
cercle semble ovale parce que notre cerveau et la vision 
binoculaire corrigent l'effet purement optique. Mais Il suffit de 
fermer un œil pour que le cercle parfait apparaisse – et si vous
fermez les deux yeux pour prolonger le plaisir, vous le verrez 
peut-être voyager, comme un éclat de soleil illumine la nuit qui 
tombe en taches noires sous nos paupières baissées."

François de Coninck
Extrait de « Lier, entrelacer, écrire : un autre regard sur le site »







mercredi 3 septembre 2014

Cabane - Miroir

The Mirrorcube de Tham & Videgard  


The Mirrorcube is an exciting hide-out among the trees, camouflaged by mirrored walls that reflect their surroundings. The dimensions are 4x4x4 metres. The base consists of an aluminum frame around the tree trunk and the walls are covered with reflective glass.
To prevent birds from flying into the mirrored walls, they have been clad with infrared film. The colour is invisible to humans, but visible to the birds.
The interior is made from plywood with a birch surface. The six windows provide a stunning panoramic view. The Mirrorcube offers excellent accommodation for two people with a double bed, bathroom, lounge, and rooftop terrace. A 12-meter-long bridge leads up to the treeroom.
Britta’s Pensionat is open for Treehotel’s guests, serving breakfast, lunch and dinner in an authentic 1930-1950’s setting. There’s a restaurant, bar, sauna and relaxation area, TV, and internet. When you arrive at Treehotel, you first check at Britta’s pensionat; then it’s a short stroll through the breathtaking nature to your treeroom.








samedi 22 mars 2014

ça dégouline ...



























Chanson d'amour

Chanson d'amour, hystérie du moment, écrans, romans, tout l'temps
Des p'tits, des lourds, des vrais, d'autres du flanc
C'est trop, finissons-en
Ça dégouline de tous les magazines
Ça colle aux doigts, ça colle au coeur, c'est dégoûtant
En vérité,
Qui pourrait m'en citer
Un seul qui lui ait donné
Plus de liberté


Des amours propres, les plus sales, écoeœurants
J'en ai croisés souvent
Enfants parents, photos, sourires, charmants !
Nés pour venger tous leurs échecs, donnant donnant
Amours "vautours" ou "vitrine", j'en ai vus
Mais des amours tout court, ça court pas les rues

Abus d'confiance, vulgaire anesthésique
Inconscience pathétique
Ça peut cacher nos misères un moment
Comme un alcool, comme une drogue, un paravent
Mais y a toujours un de ces sales matins
Où l'on se dit que l'amour, ça sert à rien

Trève de discours, y a rien d'pire que l'amour
Sauf de ne pas aimer
Autant le faire, c'est clair
Et puis se taire




J-J. Goldman

vendredi 6 décembre 2013

Nid (s)




 

Patrick Dougherty
Installation pérenne dans le parc historique du château de Chaumont sur Loire.

Photographies Août 2013.








A première vue, un nid unique, monolithique. Illusion.

On s'approche, on s'imisce dedans. Un tunnel? Illusion.
Une succession de nids.
Des cadrages sur le paysage.
On passe ou on reste?