E x t i m e (journal)

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vendredi 30 décembre 2016

Jamais ma main

" Elle a pris mon bras, jamais ma main. Trop infantile, indigne, j'en convenais aussi. Si j'avais cherché sa main, il y a longtemps, chez ses parents, c'était plus pour briser la glace que pour la beauté du geste. De même elle moquait les gens qui s'embrassaient sur les bancs publics. Le théâtre, la publicité des corps ne la bluffaient pas. Là encore, nous étions d'accord. Les corps étaient douteux pour se trahir eux-mêmes et mentir aux autres. "

Jean-marc Parisis, Les aimants

mardi 13 décembre 2016

Cette part impartageable

" Des pans entiers de mon existence indifféraient complètement Ava. Elle me les laissaient comme je lui laissais ses jardins secrets. Dès le début de notre histoire, nous avions recensé nos différences, préempté nos espaces intimes, nos temps personnels. Nos égoïsmes se respectaient. Le réglage de nos solitudes s'opéraient dans une anarchie naturelle, heureuse, en marge des lois communes aux autres couples. Les soupçons, les jalousies ne passaient pas sur nous. Souvent quand on aime, on a beau étreindre l'autre, lui parler toujours, il vous manque encore. Donner sa peau ou ses mots ne change rien. En général, il n'y a pas d'amour heureux. L'amour est inquiet, mendiant, il devient vite un droit à tyranniser ..."

Jean-marc Parisis, Les aimants

vendredi 11 novembre 2016

La part d'insaisissable

“On n’aime que ce qu’on ne possède pas tout entier.”

Marcel Proust, La prisonnière

samedi 15 octobre 2016

Annihilation par l'amour

" L'amour, c'est se rencontrer, se dissoudre, disparaître."

Sylvain Tesson, S'abandonner à vivre 



vendredi 12 août 2016

C'est pas l'homme qui prend la mer ...

"Là les pères vont en mer . Là les mères vont en paire."


Louise de Vilmorin, L'Alphabet des aveux




dimanche 27 mars 2016

dimanche 13 décembre 2015

Déclaration d'amour véritable

" Je suis aussi heureux avec toi que si j'étais seul. "

Jean Yanne à Nicole Calfan
(relaté par elle dans ONPC, 12 décembre 2015)

vendredi 11 décembre 2015

Ali & Nino



Photographies de Roberto Strauss


S'évertuer à trouver l'amour (fusionnel) sans y parvenir.
( de deux on ne fera pas un )

Ali et Nino? Le titre est considéré comme le roman national de l'Azerbaïdjan où il est devenu un classique de la littérature. Ali et Nino, est un conte familier évoquant des amants qui se retrouvent dans des circonstances tragiques (en période de guerre) qui finissent par les séparer. Ali, musulman azerbaïdjanaise, tombe amoureux d'une princesse géorgienne, Nino. Dès que les amants parviennent se réunir, Ali est tué par la guerre. 

Ces amants maudits ont inspiré en 2010, une statue colossale automatisée à l'artiste géorgienne Tamara Kvesitadze.
L'oeuvre d'art colossale, en métal, se trouve en bord de mer de Batoumi, en Géorgie. Elle se compose de deux silhouettes faites de segments et de lamelles métalliques empilés et ajourés. Chaque jour à 19 heures, les deux silhouettes glissent l'une vers l'autre et fusionnent sans se toucher, en intercalant leur structures lamellaires.

L'ensemble de la performance automatisée prend environ dix minutes et est souvent mise en lumière avec des couleurs vives et changeantes. Les corps métalliques rigides semblent alors prendre vie. 



jeudi 26 novembre 2015

Les Mosos - l'harmonie sans engagement (contractuel)

Photographie de Guy Bescond

Photographie de Neimon

Photographie de Sara Gouveia




Aux confins du sud-ouest de la Chine, non loin de la frontière Tibétaine, réside un peuple qui intrigue le reste du monde pour ses coutumes, mais surtout pour sa vision de l'amour et de la relation intime. Les Mosos sont le dernier peuple matriarcal et ont gagné le titre de communauté-modèle à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'ONU.

Les femmes, au centre de la communauté

Les Mosos vivent autour du lac Lugu, sur les rives des régions du Yunnan et Sichuan. Ce lac serait né des larmes de la déesse Gemu, que tous vénèrent. Depuis plus de 800 ans, les Mosos ont les mêmes traditions régissant leur quotidien. Tous les enfants vivent auprès de leur mère. Ils ne quittent jamais la maison familiale, qui se transmet de génération en génération aux filles. Ce sont les femmes qui sont au centre de la vie des Mosos et gèrent le patrimoine de la famille, ce sont elles qui héritent du nom et des biens.

L'harmonie comme principe de vie

Chez ce peuple matriarcal, le mariage n'existe pas. Chacun est libre de vivre sa sexualité comme il l'entend, mais sans la notion d'engagement. Pour eux, le mariage représente une menace à l'harmonie ; une valeur essentielle pour laquelle chacun oeuvre, l'harmonie passant avant toute chose, notamment l'argent. Ainsi, ils estiment qu'être marié revient à se vendre dans une forme d'illusion : les Mosos pensent qu'il est insensé de se promettre la passion éternelle, puisque personne ne sait de quoi demain sera fait.

Aucune promesse, aucune trahison
Les principes économiques d'une famille reposent sur tous les membres qui la composent. Chaque personne a un rôle à jouer, il est donc impensable qu'il quitte le foyer pour un amour qu'il peut de toute manière fréquenter à sa guise. Le fait de refuser le mariage inclut donc une sexualité vécue librement, sans domination entre les sexes et sans fidélité.


Cela ne signifie pas qu'un homme et une femme, tous deux amoureux, aillent coucher dans le lit d'autres partenaires. Simplement ils ne jugent pas nécessaire d'en faire une promesse, puisque celle-ci pourrait être brisée. Lorsqu'une séparation survient, elle se fait dans la douceur et le respect de l'autre. Chacun faisant en sorte que l'harmonie persiste.


L'amour sans tabou


Dès l'âge de 13 ans, les enfants atteignent leur majorité. Les filles obtiennent leur propre chambre et sont donc libres de découvrir le sexe, mais peuvent prendre tout le temps nécessaire jusqu'à ce qu'elles se sentent prêtes à devenir femme. Au début d'une relation elles restent discrètes, car elles ne sont pas forcées de révéler le nom de celui qui escalade la maison et se glisse dans leur chambre, à leur famille. Lorsque l'amour est là, alors le compagnon est accepté au même titre qu'un ami de la famille, il pourra aider dans la maison et s'occuper des enfants de sa bien-aimée, qu'ils soient de lui ou non.


La place de la mère
Les pères biologiques ne sont pas contraints de visiter leur progéniture. Chez les Mosos, ce sont les oncles qui détiennent le rôle de père. Ils traitent leurs neveux et nièces comme nous nous occuperions de nos propres enfants. Pour eux, il est donc primordial que leur soeur ait une descendance. Les oncles ont bien plus de droits que les pères sur leurs enfants. Lorsque la mère de famille décède, c'est sa première fille qui est destinée à la remplacer dans son rôle : elle aussi deviendra "Ama" ou "Dabou", selon le terme employé dans le village. Une "Ama" décide des tâches à accomplir pour la journée et donne les instructions, tandis qu'elle s'occupera de la maison où vivent ses enfants et petits-enfants.

Transmettre les traditions

Chaque soir, les membres de la famille se réunissent autour du feu qui brûle continuellement grâce à leur mère. Elle veille sur les siens et s'assure que sa première fille prendra, comme elle, son rôle à coeur. Il est important pour elle de savoir que son aînée prendra plaisir à s'occuper de sa famille, ici aussi l'harmonie compte. Parfois les filles destinées à remplacer leur mère auraient préféré étudier, mais les régions qui bordent le lac Lugu manquent cruellement d'instituteurs qualifiés. 

Depuis huit siècles, les femmes travaillent dans les champs pendant que les hommes s'occupent des enfants. Mais en dehors de cette mission, ce sont eux qui bâtissent les maisons et gèrent les affaires extérieures au village. Certains d'entre eux sont choisis pour leurs aptitudes scolaires et, si leur mère accepte, sont envoyés au Tibet afin de recevoir une formation de Lama auprès de grands maîtres Bouddhistes. Ils reviendront plus tard au village pour devenir des chefs religieux. 

L'art de s'aimer

Lorsque ces derniers organisent les fêtes célébrant les ancêtres ou la nature, ils ne participent pas aux jeux de séduction des autres Mosos. Ces rites sont l'occasion de danser et de charmer l'autre, sans se cacher. Personne ne viendra juger le choix d'un partenaire ni la manière de le séduire, souvent pleine de poésie par des regards attentionnés ou quelques chatouilles. Tous les Mosos peuvent profiter librement de leurs passions et aiment concevoir le couple comme une relation basée sur l'amour et le sexe.
(...)

Article original, là : La découverte des mosos
Documentaire intéractif :  L'effet de la pluie sur l'herbe

dimanche 20 septembre 2015

Au revoir mon amour / Dominique A (4)


Au revoir mon amour, Eleor - Dominique A 

pour la chanson, la danse, l'architecture, le paysage, la lumière, la tension.




" Peut-être mon amour mieux vaut ne pas s'aimer qu'un jour ne plus s'aimer "....


Le détour / Dominique A (2)


Le détour, Remué, Dominique A

Déjà pour le titre, et ensuite pour le tout

lundi 22 juin 2015

Amour pas (pour) toujours

"Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours 
Ô mon amour
Jamais tu ne m'as promis de m'adorer
Toute la vie
Jamais nous n'avons échangé de tels serments me connaissant,
Te connaissant
Jamais nous n'aurions cru être à jamais pris par l'amour nous qui étions
Si inconstants

Pourtant,
Pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit
Petit à p'tit
Des sentiments se sont glissés entre nos corps qui se plaisaient
À se mêler
Et puis des mots d'amour sont venus sur nos lèvres nues
Petit à p'tit
Des tas de mots d'amour se sont mêlés tout doucement à nos baisers
Combien de mots d'amour ?

Jamais je n'aurais cru que tu me plairais toujours
Ô mon amour
Jamais nous n'aurions pensé pouvoir vivre ensemble
Sans nous lasser
Nous réveiller tous les matins aussi surpris de nous trouver si bien

Dans le même lit
De ne désirer rien de plus que ce si quotidien plaisir d'être ensemble
Aussi bien

Pourtant,
Pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit
Petit à p'tit
Nos sentiments nous ont liés bien malgré nous sans y penser
À tout jamais
Des sentiments plus forts et plus violents que tous les mots d'amour connus
Et inconnus
Des sentiments si fous et si violents, des sentiments auxquels avant nous n'aurions
Jamais cru

Jamais, ne me dis jamais que tu m'aimeras toujours
Ô mon amour
Jamais ne me promets de m'adorer
Toute la vie
N'échangeons surtout pas de tels serments me connaissant,
Te connaissant
Gardons le sentiment que notre amour au jour le jour,
Que notre amour est un amour
Sans lendemain"


Anna Karina dans Pierrot le fou : "Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours"

lundi 18 mai 2015

Je t'aime contractuel

"Je me suis demandé pourquoi j'ai jamais écris "je t'aime" dans mes chansons. 
Parce que ça sonne comme un mensonge par essence (...) parce qu'il y a toujours, implicitement, une connotation de temps : je t'aime, c'est je t'aime pour toujours. 
Donc, il y a du contrat dans ces mots-là. Sache que je... "

Interview de J-J Goldman, à la sortie de En passant, à propos de Sache que je ...

mercredi 19 novembre 2014

Emulsion


Samedi 15 novembre 2014 : 


Conversation avec K-too à propos de la nécessité d'émulation (intellectuelle) entre 2 partenaires.

Lapsus de K-too : "(...) il faut qu'il y ait une émulsion avec l'autre ..."
J'adore !
Fou-rire !
Lapsus révélateur ou pas ? Oups !

Voyons Wikipédia : Une émulsion est un mélange intime de deux substances liquides. Ce sont toujours deux liquides qui en situation normale sont non miscibles(qui normalement ne se mélangent pas), comme l’eau et l’huile, mais qui vont par des opérations spécifiques (agitation, mélange, ajout de quelques principes actifs) réussir à avoir un aspect macroscopiquement homogène, mais microscopiquement hétérogène. L'une des substances sera donc dispersée dans la seconde substance sous forme de petites gouttelettes. Le mélange reste stable grâce à un troisième ingrédient appelé émulsifiant (cinétique quasi nul, vitesse d'évolution du mélange)."




Wikipédia, encore : 
" Les émulsions naturelles :
  • Le lait 
  • Des latex végétaux, en particulier, ceux de l'hévea brasiliensis (qui donne le caoutchouc naturel) et du castilla elastica 
  • Le film hydrolipidique est un mélange de sébum et de sueur. C'est une émulsion qui protège la peau."
Tiens, tiens, le latex ... comme par hasard ! Hein K-too, en souvenir de tes/nos années 90 ?




Spéciale dédicace à mon amie K-too en souvenir de ce subtil moment !





Et pour faire le lien avec Phase (être en)


Wikipédia, toujours : Une émulsion est un cas particulier de colloïde. Les deux substances liquides en présence sont appelées des phases. Une phase est continue. L'autre phase, discontinue, est dispersée dans la première phase sous forme de petites gouttelettes. Les émulsions sont souvent composées d'une phase aqueuse, semblable à de l'eau, et d'une phase huileuse, semblable à de l'huile.
  • Une émulsion huile dans l'eau (H/E ou O/W pour oil in water) est composée d'une phase huileuse dispersée dans une phase aqueuse. Il s'agit d'une émulsion « directe ».
  • Une émulsion eau dans l'huile (E/H ou W/O pour water in oil) est composée d'une phase aqueuse dispersée dans une phase huileuse. Une émulsion E/H est plus grasse au toucher, car le toucher correspond majoritairement à la nature de la phase externe. Une telle émulsion est dite « inverse ».
On peut également trouver des émulsions multiples H/E/H ou E/H/E"








mercredi 22 octobre 2014

Philosopher ou faire l'amour


Dans un essai iconoclaste, Ruwen Ogien déconstruit tous les stéréotypes accumulés depuis Platon sur l’amour. Un livre jouissif qui invite à élargir les territoires potentiels de l’amour plutôt qu’à le réduire à des chansons usées.


L’amour a la cote, surtout auprès des philosophes, qui ne cessent aujourd’hui encore de le glorifier, d’Alain Badiou à Luc Ferry, d’André Comte-Sponville à Alain Finkielkraut… Il existe une prolifération d’éloges philosophiques de l’amour. Quoi de plus normal ? Qui oserait nier cette idée ancrée en nous comme une évidence absolue qu’il n’y a rien de plus beau, vital, déchirant et intense que l’amour dans une existence ? Personne. Eh bien si, un philosophe, justement, Ruwen Ogien, très sceptique face au champ de l’amour, mais excité par les chants d’amour.

Son nouvel essai, Philosopher ou faire l’amour, s’évertue à démontrer, comme le chante Brigitte Fontaine, que “l’amour, c’est du pipeau, c’est bon pour les gogos”. On retrouve tout au long de sa réflexion des extraits de chansons populaires, de Céline Dion à Sexion d’Assaut, de Françoise Hardy à Stromae, dont les phrases parfois sans queue ni tête invitent à réfléchir autrement sur l’amour. Qu’elles soient gaies ou tristes, toutes révèlent, par leur sincérité parfois puérile, la réalité d’un imaginaire amoureux que Ruwen Ogien interroge à la lumière de son “mauvais” esprit. De manière en apparence légère et joyeuse, mais au fond très conceptuelle.

Les six idées de base de l’amour

Pas à pas, l’auteur déconstruit subtilement les présupposés de l’amour romantique, en s’intéressant “avant tout aux problèmes logiques et moraux que posent les idées de base de l’amour”, pour briser l’illusion de l’idée dominante consistant à faire de l’amour “une sorte d’exception par rapport aux autres questions existentielles sans proposer de justification solide à ce traitement sélectif”. Fidèle à son mode de réflexion, attaché à dénoncer le paternalisme moral ambiant et toutes les polices morales en action, Ogien s’en tient à des principes logiques. Son “éthique minimale” lui sert de cadre pour évaluer la validité des “six idées de base de l’amour” : l’amour est plus important que tout, l’être aimé est irremplaçable, on peut aimer sans raison, l’amour est au-delà du bien et du mal, on ne peut pas aimer sur commande, l’amour qui ne dure pas n’est pas un amour véritable.

Discutant chacun des points, l’auteur analyse combien l’idéal amoureux romantique est en fait défectueux “non parce qu’il est irréalisable mais parce que ses idées de base sont moralistes et conceptuellement infondées”. On peut tout à fait aimer quelqu’un sans l’admirer, en méprisant profondément son caractère. On peut aussi aimer quelqu’un sans supporter sa présence. De même, l’amour qui ne dure pas peut être un amour véritable… Ogien s’écarte du Banquet de Platon, texte fondateur sur l’amour absolu, conférant au philosophe le rôle crucial de contribuer à une ascension vers un amour céleste ; comme si l’amour physique ne pouvait à lui seul définir un amour véritable.

Si vous philosophez, suggère Platon, vous comprendrez l’intérêt de l’amour moral. D’où le dilemme, posé par Ogien de manière ludique, en clin d’œil au film des frères Larrieu, Peindre ou faire l’amour : philosopher ou faire l’amour ? Or, contre Platon et tous ses héritiers, Ogien pense qu’il n’existe “aucune bonne raison philosophique de dévaloriser l’amour physique et de survaloriser l’amour romantique”. Combattre le moralisme, c’est s’élever contre “la volonté de privilégier une certaine conception du bien et de la perfection humaine”, tournée vers des accomplissements spirituels au détriment de tous les autres, notamment corporels.

Grosses couches moralistes

Sans cynisme aucun, en triturant ses arguments logiques et en déconstruisant les grosses couches moralistes qui recouvrent les discours égarés sur l’amour, Ruwen Ogien ne propose pas pour autant d’idée définitive sur l’amour.

L’amour nous échappe toujours un peu, à la fois humainement et conceptuellement. Définir l’amour n’a d’ailleurs jamais été son projet, comme il reste impossible de définir absolument le bien, le mal, la vérité, la beauté… Il préfère laisser au lecteur la liberté de chercher une définition originale, tout en estimant que “ce serait une mauvaise idée d’essayer”.

Ce qui importe, c’est de saisir qu’une “conception non essentialiste” de l’amour n’impose rien de fixe, d’éternel, d’universel, afin de laisser à toutes les innovations pratiques la possibilité de se déployer. Les éloges actuels de l’amour, qui se présentent comme une forme de dépassement de soi vers l’autre, partagent ce défaut majeur, selon l’auteur : ils masquent le fait que “l’éloge de l’amour est devenu un genre qui exprime la pensée conservatrice qui sévit désormais à droite comme à gauche” et sert à“justifier le refus de toute innovation normative en matière de mariage, de sexualité ou de procréation”.

La plus juste façon d’aimer l’idée de l’amour, c’est de la laisser se déplacer, pour ne pas la réduire à une certaine conception de la perfection humaine, forcément partielle et imparfaite. Ce déplacement souhaité permettrait de substituer un “et” à un “ou”, pour affirmer avec l’auteur : philosopher et faire l’amour.



Article de Jean-Marie Durand, paru le 21/10/2014, dans les Inrocks, Un essai déconstruit tous les stéréotypes de l'amour, à propos de Philosopher ou faire l'amour de Ruwen Ogien

Article complet là :  les Inrocks,21/10/2014





dimanche 12 octobre 2014

Ne lui dis pas

Troubles images issues du temps
Messages d'enfant
Vagues voyages au gré d'avant

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à  toi
Rêve tout bas
Ne lui dis pas

Tendres caresses, fièvres et sang
Les peaux s'entendent et se tendent
Paupières closes, qui te prend ?

Ne lui dis pas
Ça sert à  quoi
Ce n'est qu'à  toi
Ne lui dis pas

On n'avoue rien si l'on est innocent
Les mots sont vains, les mystères indulgents
La pénombre éclaire
Du silence au mensonge
C'est l'espace des songes

Page après page, vie sur vie
Quand les questions dansent
N'est-ce que ça ? Etait-ce lui ?

Ne lui dis pas
Ce n'est qu'à  toi
Rêve plus bas
Ne lui dis pas

Qu'il est si tard, qu'il ne t'étonne plus
Qu'il ne sait pas et qu'il n'a jamais su
Que bientôt l'hiver
Si c'était à  refaire
Mais...


J-J Goldman