E x t i m e (journal)

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dimanche 29 janvier 2017

En marge du programme, l'essen-ce / tiel

“L’apport de l’architecte se situe justement dans l’intuition de ce qui n’est pas prévisible par un programme“ …/… “Etre assis quelque part, attendre, s’arrêter, parler à quelqu’un, lire une lettre, écouter, observer. Cela n’est jamais programmé. C’est pourquoi je pense que l’architecte ne doit pas se borner à suivre la commande, il doit rechercher les espaces de liberté.“

Jacques Ripault, architecte (1953-2015)

dimanche 13 novembre 2016

...38 > 39 > 40...

Le déclic (clic clic clic clic cl...i...c) pour "reprendre sa vie" est peut-être la prise de conscience du temps (qui passe).



samedi 12 novembre 2016

Instinctif

“ La science ne sert qu’à vérifier les découvertes de l’instinct.”

Jean Cocteau, Le Potomak

mardi 29 mars 2016

Envie en vie

" Pourquoi ne pas fêter les événements dès que l'envie se présente, donc avant qu'ils ne se produisent ? 
Car on ne sait jamais s'ils se produiront, in fine, ni si on sera toujours là (vivant) pour les vivre."

L.

samedi 2 janvier 2016

samedi 21 novembre 2015

samedi 5 septembre 2015

L'art involontaire


"Pour qui veut bien regarder, tout fait art. La nature, la ville, l'homme, le paysage, l'air du temps, ce qu'on appelle humeur et sur toute chose enfin, la lumière. Par ailleurs, chacun connaît l'art des artistes, celui qui porte signature. Peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs etc. sont convoqués sur la question de l'art à propos de laquelle, on le sait, il y a toujours beaucoup à dire. Il existe cependant une plage indéfinie où se croisent le champ brut de la nature - les circonstances - et le territoire authentifié de l'homme. Ce terrain de rencontre produit des figures à la fois éloignées et proches de l'art suivant les définitions que l'on en donne. Pour ma part je considère comme art involontaire le résultat heureux d'une combinaison imprévue de situations ou d'objets organisés entre eux selon des règles d'harmonie dictées par le hasard.

Traité succint de l'art involontaire

Gilles Clément




Photographie de L.
Ile de Bréhat, décembre 2014




dimanche 23 août 2015

Giacometti (2)

“ On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c’est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace.” 
Alberto Giacometti














mercredi 3 décembre 2014

Le geste primitif de l'enfant de 3ans1/2 ...



"une maison" selon J., 3ans 1/2" décembre 2014
Cairn de Barnenez, chambre funéraire 4500 av. J.-C.
nota : malgré les 6500 qui les séparent, une troublante ressemblance ... dessin réalisé "à l'instinct" sans aucun lien (photo ou in situ) avec le monument. 

Lien : le geste primitif de l'architecte

lundi 10 novembre 2014

Le geste primitif de l'architecte

 " le geste primitif de l'architecte " ?
C'est ce dessin simple mais explicite et bavard comme peuvent l'être les peintures rupestres.
C'est celui dont on peut dire après coup (donc après réalisation), que tout y était, tout était déjà dit.


Il me semble que ceux, dont on s'accorde à dire qu'ils sont de "grands" architectes - et ce, quelque soit leur écriture architecturale - ont ceci de commun qu'ils s'en tiennent à leur idée première et la réalisent fidèlement.
Ils parviennent à faire de ce premier geste, de ce premier coup de crayon, de ce premier jet, une réalité construite.

Alberto Campo Baeza évoque le penser avec les mains :
"Todos ellos, siendo muy diferentes entre sí, tienen en común ese “pensar con las manos” que es la lógica consecuencia de su decidida voluntad de hacer de la arquitectura una idea construida." 

Louis Kahn parle d'intuition :
"Tout ce que nous désirons créer trouve son commencement dans la seule intuition. C’est vrai pour le savant. C’est vrai pour l’artiste. Mais je mis le jeune architecte en garde : s’en tenir à l’intuition loin de la Pensée signifie ne rien faire." 

Le Corbusier, lui, de sentiment :
"Avant la naissance même du raisonnement, le sentiment surgit qui porte à l’acte : la raison donne ensuite ses aises à l’esprit par diverses confirmations qui semblent indiscutables." 
Et tous deux évoquent la pensée, le raisonnement ( le rationnel ?) comme prolongement à cette "intuition-sentiment". Oui, il faudra cogiter / travailler pour que de ce simple geste né d'une idée pure, aboutisse une construction bien réelle. Enorme enjeu. 


D'où leur vient donc cette intuition de départ ? difficile de répondre mais on peut formuler une autre question :
Comment l'architecte décèle-t-il le potentiel de ce premier jet et s'en auto-persuade-t-il ? D'où lui vient cette conviction que "c'est ça qu'il faut faire" ? c'est là que prend toute la force du mot sentiment : c'est quelque chose intimement ressenti. Une intime évidence.
Sommes nous tous aptes à avoir à cette "bonne" intuition ou bien faut-il juste en être conscient ou juste être confiant (se fier à ) en soi-même ?

Certains parlent de concept, mais ça n'a rien à voir avec ce que j'appelle "le geste primitif". 
Le concept  résonne  pour moi comme un "ready made" quelque chose  de déjà "tout prêt" à l'avance, d'abstrait, de figé en quelque sorte. c'est quelque chose qui peut nourrir la réflexion mais qui n'est pas à l'origine du projet.
Alors que le premier jet intègre, et l'intervention elle même et son rapport au lieu, dans une certaine dynamique. Bref quelque chose de contextuel. Dans ce coup de crayon, on a l'esssence du projet. (sa nature intime).

Comment l'architecte peut-il convaincre les autres avec ces quelques traits sommaires ?
Tout simplement , je crois, grâce au  "Less is more" si cher à  Mies Van der Rohe.
Les traits essentiels ont plus de force que les plans détaillés. C'est ce que les publicitaires ont compris depuis longtemps : le logo le plus simple est le plus représentatif, le plus explicite.
Et puis, autre atout non négligeable : l'esquisse laisse le champs libre à l'imagination, tout semble possible, chacun peut s'y projeter, chacun peut se l'approprier. - le thème de l'appropriation (en tant que vécu) de l'architecture serait d'ailleurs à développer - 

Cela étant dit, chacun sait que l'élaboration d'un projet est longue (des années), doit intégrer une foultitude de contraintes ( contrainte de programme souvent mal exprimé,contraintes réglementaires, techniques, de mise en oeuvre, financières, relationnelles, ... ). La tentation est grande de complexifier, d'en rajouter au passage.
Mais alors,  comment font ces architectes pour que toutes les contraintes inhérentes à la conception architecturale et au process de "fabrication" n'entament pas, ne dénaturent pas leur première esquisse ?
Comment font-ils pour s'en tenir à ( ou au moins toujours y  revenir ) à la base (car c'est la clé) ... sans superflu .
Ils gardent en eux cette intuition de départ, ce geste primitif, pendant tout le déroulé du projet, comme un guide, comme des rails, pour ne pas dévier du but. 


Ca semble si simple, et c'est pourtant si difficile. 
Comme le marin tient bon la barre contre vents et marées.
Comme la danseuse enchaîne les pirouettes avec légèreté alors que ses orteils sont en sang dans leur pointes.
L'architecture réussie ( comme la régate ou la chorégraphie) ne  transpire pas la souffrance, elle est le juste reflet de la beauté de ce premier geste (la beauté s'entend bien sûr non par la perfection du dessin mais bien par l'évidence qu'il suggère) .


Car, enfin, à la réalisation , on ne peut que s'exclamer : 



Que c'est beau cette cohérence !





Les illustrations parlant forcément d'elles-mêmes (et bien mieux que l(m)es mots ) voici quelques esquisses nées de ces gestes primitifs et leur réalisations. Regardez, détaillez, vous verrez que tout y était déjà ...

L.







Oscar Niemeyer




Shigeru Ban






Frank Gehry




Christian de Portzamparc






Santiago Calatrava




Tadao Ando





Le Corbusier



Kenzo Tange