"- Quand on y pense, le plafond, c'est la dernière chose que voient les gens quand ils meurent (...)
- j'verrais plus jamais le plafond comme avant."
Naissance des pieuvres, film de Céline Sciamma, 2006.
E x t i m e (journal)
mercredi 19 mars 2014
mardi 18 mars 2014
Pénombre
"Il était victime des pénombres où les sens rencontrent le coeur."
Le grand écart. Jean Cocteau
dimanche 16 mars 2014
Claude Parent / La fonction oblique //////
Extrait de l'entretien de Claude Parent par Bertrand Greco, le 15 janvier 2010 pour le JDD.
Comment résumez-vous votre concept d’architecture oblique?
Avant moi, l’architecture internationale dominante, dite moderne, reposait sur un principe : le cube est la base de tout. Or, la perpendiculaire me gêne, parce qu’elle crée obstacle. L’architecture ne doit plus générer des enfermements, avec des murs, toujours des murs, mais au contraire rétablir la continuité, respecter la fluidité. Il ne faut plus contourner les bâtiments, mais passer par-dessus, se réapproprier les toitures. Faire des collines plutôt que des murs.
D’où l’idée de remplacer l’horizontale et la verticale par le plan incliné…
Je ne prétends pas avoir inventé la pente (la nature s’en est chargée), ni même la rampe (Le Corbusier en a fait). Je préconise juste de vivre sur des plans inclinés. Monter, descendre, en permanence, cela multiplie les points de vue. Et c’est bon pour le corps. Grâce aux pentes, dans les villes comme dans les maisons, les habitants prennent du mouvement, donc de la joie, donc de la vie. D’ailleurs, qui a le mieux compris ma pensée? Les montagnards! Mais aussi les marins qui font du voilier. Ils m’ont expliqué à quel point ils sont heureux quand le bateau gîte. Je compare souvent l’architecture telle qu’elle devrait être à la mer. Les vagues, les flots urbains… j’ai une obsession maritime, alors que j’ai peur en bateau. La mer est toujours en mouvement. Et elle résiste encore à l’homme. Elle représente l’idée de liberté. Tout le contraire du cube.
Vous n’aimez pas les escaliers?
Non, je trouve que ce n’est pas un joli geste. L’escalier impose aux jambes le mouvement mécanique, décomposé, de la bielle. Je préfère le mouvement continu et ample qu’on a sur un sol horizontal ou oblique. Pour changer de niveau, le plan incliné offre une meilleure relation entre l’espace et le corps.
Pour vous, l’avenir de l’architecture passe par la fluidité?
Absolument. La fluidité, c’est mon mot favori. Pour lui donner un sens, il faut foutre en l’air cette architecture qui contribue à l’enfermement et au repli sur soi. On ne peut plus continuer à construire les maisons comme on le fait. Le temps est venu d’une nécessaire révolution des mentalités. Depuis la création de l’abri -contre les intempéries, contre les ennemis-, la vocation de l’architecture a été d’enfermer. Dès qu’il y a une crise, on construit un mur : à Berlin, en Israël… C’est invraisemblable! Quand je dis qu’il faut rétablir la continuité, je l’entends aussi au sens large: cela va jusqu’à la suppression totale des frontières sur la planète.
Laisse-moi
Avant que l'on s'attache, avant que l'on se gâche * ...
Tu veux me garder? On ne me garde pas moi.
Ni laisse, ni cage, ni bocal.
Laisse moi. Laisse-moi aller, venir. Laisse-moi partir.
Enlace-moi si tu veux, mais ne m'enlaisse pas.
L.
* J-J.G via C.D.
vendredi 28 février 2014
La Mort
![]() |
| Philippe Halsman, Crâne et Dali, 1951 |
Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
Les gens du "show-business "vous prédiront le bide »
C'est un sujet tabou... Pour poète maudit
La Mort... La Mort...
Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la sœur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort... La Mort...
La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu'il faut
La Mort... La Mort...
De grands yeux d'océan, la voix d'une ingénue
Un sourire d'enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
La Mort... La Mort.
« Requiem » de Mozart et non Danse Macabre
Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns !
La Mort c'est la beauté, c'est l'éclair vif du sabre
C'est le doux penthotal de l'esprit et des sens
La Mort... La Mort...
Et n'allez pas confondre et l'effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents
La Mort... La Mort...
Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort... La Mort...
Le Temps, c'est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c'est l'infini dans son éternité
Mais qu'advient-il de ceux qui vont à sa rencontre ?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort... La Mort...
La Mort ?...
Paroles de Jean-Roger Caussimon, musique de Léo Ferré
lundi 24 février 2014
Idéal
"On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années, on devient vieux parcequ'on a déserté son idéal."
Douglas MacArthur
Douglas MacArthur
dimanche 16 février 2014
Femme noire
Nal-Vad, peintre-sculpteur et Denis Rouvre, photographe.
Exposition "Co-incidences"
Exposition "Co-incidences"
Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme
obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.
Délices des jeux de
l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire
A l'ombre de ta
chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains
de tes yeux.
Femme nue, femme
noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.
Léopold Sedar Senghor
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