E x t i m e (journal)

jeudi 17 juillet 2014

Réinterroger l'habituel

"Réinterroger l'habituel"

Sou FUJIMOTO  architecte
















Final Wooden House,
Japon, 2008
photographies : Iwan Baan






mercredi 16 juillet 2014

Molecula de glucosa expandida





Damian Ortega

"Molecula de glucosa expandida" : capsules de bouteilles et fil de fer 

Chrysalis III



Feuilles de bois  placage cerisier et peuplier



Avec la puissance de calcul des ordinateurs actuels, les architectes et designers contemporains s'emploient à générer des productions en s'inspirant vivants codés par l'ADN. Andrew Kudless est ici inspiré par les sédimentations calcaires des balanes, crustacés qui vivent en agrégats denses et se reproduisent simultanément. Le déploiement, l'enroulement en hélice et la surface parsemée d'excroissances, d'arêtes, de creux et de replis illustrent une nouvelle façon de penser l'ingénierie architecturale.

Hundertwasser (2) «Ton droit à la fenêtre – Ton devoir d’arbre »

Son engagement écologique caractérise bien le peintre Hundertwasser, il réfléchit très tôt à l’impact écologique de la vie urbaine, sur le traitement des déchets. Au cours de sa vie, il plante plus de 100 000 arbres de part le monde.
Dés 1958, il écrit son « Manifeste de la moisissure » à travers lequel il s’oppose à la ligne droite, à l’architecture fonctionnelle. La moississure fait éclater les lignes droites dans la maison.
Puis il complète sa théorie avec
«Ton droit à la fenêtre – Ton devoir d’arbre ».


L'œuvre de Hundertwasser prend une nouvelle ampleur lorsqu’il décide de passer à la pratique architecturale. En tant qu’architecte, son travail est en quelque sorte une application directe de ses toiles dans la réalité. On retrouve dans ses constructions ses principes les plus importants : dominance de la nature, importance de la couleur, refus de l’uniformité, rejet de la ligne droite.

Hundertwasser se considère comme un médecin de l’architecture à laquelle il rend sa santé par les courbes de ses bâtiments. Il embellit, transforme plein de bâtiments existants parmi lesquels une usine d’incinération, une aire d’autoroute, un village thermal, une église…Il conçoit l ‘habitation comme une ouverture sur l’extérieur d’où l’importance des fenêtres et des couleurs sur les façades.
Pour lui, chaque habitant a le droit de peindre sa fenêtre de la couleur qu’il veut et d’en décorer l’extérieur de la fenêtre aussi loin que sa main tenant un pinceau peut aller.


Il crée des immeubles avec des arbres locataires qui s’acquittent de leur loyer en apportant oxygène et bien-être aux habitants ; des toits recouverts de verdure et de végétaux. Il encourage les ouvriers à être créatifs, à trouver de nouvelles idées.


Hundertwasser (1)
Hundertwasser (3)

dimanche 13 juillet 2014

Bernard Tschumi

 " Dans l'idée de notation, il y avait deux choses différentes. La première était une question de langage : si vous voulez changer quelque chose, il faut parfois changer la manière d'en parler. Quand Wittgenstein et Jameson parlent de la prison-house du langage, c'est parce que si l'on utilise des axonométries en architecture, inévitablement nous allons avoir des œuvres qui procèderont des axonométries. Par conséquent, il faut se poser la question de la langue qu'utilise l'architecte. C’est la première question, valide encore aujourd'hui lorsque l'on travaille en numérique. L'utilisation du numérique va-t-elle nous permettre de changer l'architecture, ou va-t-on refaire la même chose mais en ajoutant des surfaces à double courbure ?

La notation vise également à documenter ces aspects qui n'avaient jusque-là pas été mis en avant dans l'architecture, c'est-à-dire le mouvement des corps dans l'espace, l'action, les conflits. Quand on est architecte, on reçoit des programmes avec tant de mètres carrés de ceci ou de cela. Ces mètres carrés reflètent des raisons souvent culturelles. La littérature se situe directement dans la culture qui, elle, va influencer notre manière de penser. Je me suis dit : « Au lieu de donner des mètres carrés à mes étudiants, je vais leur donner des extraits de textes. » […] 


 Un jour, je tombe sur deux petits ouvrages intitulés Film Form et The Film Sense d’Eisenstein. Pour les besoins d'Alexandre Nevski, il imagine un mode de notation où sont inscrits parallèlement les cadrages, les mouvements de la caméra dans leur propre temporalité, la musique et le mouvement des acteurs. Un peu comme une partition musicale. Ce fut une révélation parce que c'est une manière très organisée de parler d’architecture, non seulement de l’espace en plan ou en coupe, mais également à travers le mouvement des corps dans l'espace. C'est-à-dire en ajoutant une dimension qui rende compte de la réalité complexe de l'architecture. […] "


Extraits de l'entretien de Bernard Tschumi avec Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, commissaires de l'exposition qui lui est dédiée au
 Centre Georges Pompidou - 30 avril / 28 juillet 2014

Ah ! l'armoire en bois massif des grands parents ...


Amélie :
"Je suis allée voir le médecin. J'étais enceinte. Quand il m'a annoncé la nouvelle, j'ai fait semblant d'être heureuse... comme il se doit. Puis je suis rentrée chez nous. Je n 'ai rien dit à Armand. J'aurais aussi bien pu lui dire, mais j'ai choisi de ne rien dire. J'ai pensé à nous deux, à notre histoire. J'ai continué à me taire. Je me suis posée un tas de questions. Est-ce que j'aimais Armand ? Est-ce qu'avais envie d'avoir un enfant de lui ? est-ce que j'avais envie d'avoir un enfant ? Est-ce que j'étais capable d'aimer quelqu'un ? Je savais répondre à aucune de ces questions. Je me suis détestée pour ça. Armand ignore qu'aujourd'hui je suis allée à la clinique. Il ne sait pas ce que je viens de faire. " 

Armand :
" Je voyais bien que depuis quelque temps ça n'allait pas. Amélie n'était plus que l'ombre d'elle même. Je l'ai questionnée un peu plus formellement que d'habitude. Je voulais savoir ce qui nous arrivait. Elle s'est mise à pleurer. C'était la deuxième fois que je la voyais pleurer. Et puis, elle m'a tout raconté. Elle m'a demandé si j'aurais voulu le garder. Ce n'était pas la question. La question c'était pourquoi elle n'avait rien dit ? Elle savait pas pourquoi. elle savait plus rien. J'ai crié que c'était dégueulasse d'avoir fait ça, elle a continué à pleurer. J'ai tapé fort contre l'armoire en bois massif de ses grands parents, j'avais très mal au poignet, euh, je lui en voulais, j'en voulais à l'armoire, j'en voulais à ses grands parents. Je suis parti. J'ai marché pendant deux heures. Et puis la nuit a fini par tomber. "

Arman Hors saison , film de Sébastien Betbeder .2013. (version courte de : 2 automnes 3 hivers)

dimanche 29 juin 2014

Tiers Paysage (2)


A Nantes, une mystérieuse graffeuse nomme les plantes des rues

« Dans mon quartier de Chantenay, à Nantes, un botaniste lettré, aussi savant qu’anonyme, a redonné leurs noms aux herbes sauvages des rues. Merci l’ami-e ! » L’histoire commence avec ce texte publié par un Nantais le 20 juin dernier, sur Facebook, accompagné de plusieurs photos. Celles-ci montrent des pochoirs peints sur les trottoirs qui révèlent depuis fin mai aux passants le nom des fleurs sauvages.



Frappantes et poétiques, ces photos sont partagées, en quelques jours, des milliers de fois sur Facebook. Jusqu’à ce qu’un internaute finisse par identifier l’anonyme à l’origine de cette belle idée. Il s’agit d’une conteuse nantaise, Frédérique Soulard , toute étonnée du succès de son initiative sur Internet : « Il paraît que quelqu’un a mis les photos sur Facebook et que beaucoup de gens les ont vues, je suis très contente. » L’artiste, précise rapidement : « Je ne suis pas botaniste de formation, mais j’ai travaillé dans l’herboristerie de ma grand-mère. J’ai toujours aimé les plantes et leurs noms vernaculaires et je veux partager ça depuis longtemps. Ça fait une dizaine d’années que je mûris ce projet. »


En nommant ces plantes, l’artiste entend les faire exister aux yeux des promeneurs. « Je trouve que ça change le regard des gens. Je peux vous assurer que, quand vous rentrerez chez vous, vous verrez des dizaines de plantes sauvages dans les rues. » En préparant son projet, elle raconte avoir compris, par exemple, que les coquelicots de son quartier profitent des pentes pour faire rouler leurs graines et s’étendre peu à peu. Ou que si la Ruine de Rome pousse dans sa rue mais pas dans les rues voisines, c’est parce qu’elle est riche de vieux murs. Depuis fin mai, l’artiste, accompagnée de sa sœur, a identifié près d’une centaine d’espèces différentes et peint une cinquantaine de pochoirs.


Pour sensibiliser les passants, Frédérique Soulard propose également des sorties pour goûter des tisanes à base de plantes ou faire taguer par des quidams les noms des plantes sur le sol : « On travaille avec la mairie de Nantes qui nous a donné une subvention et a prévenu ses équipes pour ne pas que ce soit effacé. Mais le but n’est pas forcément d’être le plus efficace possible ou de tout répertorier. Un vrai botaniste pourrait passer deux heures pour vous montrer les plantes d’une rue de dix mètres ; moi, j’essaye plutôt de mettre doucement les gens en relation avec les plantes autour d’eux et le nom, c’est un super moyen ! En vous apprenant qu’il existe une plante qui s’appelle la « Ruine de Rome », je vous ai fait un beau cadeau, non ? » Pour que vous aussi puissiez offrir le nom des plantes en marchant dans les rues, voici les photos (et le nom) de plusieurs plantes, dont la fameuse Ruine de Rome.